Ile Maurice: Umarfarooq Omarjee - «On essaie de sécuriser les devises selon les besoins»

Depuis quelque temps, on constate une pénurie de devises étrangères. Mais pour vous ce n'est peut-être pas nouveau - ce problème remonte à la période post-Covid...

Le plus gros choc a eu lieu après la fermeture des frontières, notamment au niveau du secteur touristique, qui est une source majeure de devises pour Maurice. Les touristes viennent principalement avec des dollars, des euros, ou d'autres monnaies étrangères, mais le dollar reste la devise la plus utilisée. Lorsque le tourisme s'est effondré pendant la pandémie, les rentrées de devises ont aussi chuté. Depuis la réouverture des frontières, la situation s'est améliorée, sans pour autant revenir totalement à la normale.

En 2024, la BoM est intervenue moins fréquemment sur le marché des devises qu'en 2023. Cela peut être lié à la reprise du secteur touristique : à la fin de l'année dernière, on avait pratiquement retrouvé les niveaux de fréquentation de 2019. En parallèle, plusieurs mesures à court terme ont été mises en place pour renforcer l'offre en devises.

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Par exemple, dans le secteur immobilier, lorsqu'un étranger achète un bien à Maurice, le paiement doit être effectué en roupies. Cela signifie qu'il doit convertir ses devises pour régler la transaction, ce qui renforce la demande de roupies sur le marché local. C'est un moyen indirect mais efficace d'attirer des devises vers le pays.

Comment on gère la demande des clients dans ce contexte ?

Dans notre cas, on a l'avantage de travailler dans deux domaines : le tourisme et la logistique. On a donc à la fois des flux inbound, avec des touristes qui viennent à Maurice et qui paient en devises, et des flux outbound, avec des Mauriciens qui voyagent. Cela nous permet de mieux équilibrer nos entrées et sorties de devises.

Mais lorsqu'il y a un déséquilibre, on doit ajuster notre gestion financière et commerciale. Par exemple, on essaie de négocier avec nos partenaires à l'étranger pour éviter des paiements en dollars quand ce n'est pas nécessaire. Si on peut régler en rands avec nos partenaires sud-africains, on le fait. On privilégie aussi les paiements en dollars pour nos rentrées, car c'est une devise plus facilement convertible et plus stable.

Et au niveau bancaire ?

On travaille avec différentes banques commerciales - pas seulement la MCB, mais aussi d'autres institutions comme SBM, MauBank, etc. On essaie de sécuriser les devises selon les besoins, même si cela prend parfois un ou deux jours de plus. Il faut simplement s'adapter à la situation actuelle.

Quelles autres mesures pourraient améliorer la disponibilité des devises ?

Outre les incitations immobilières, la haute saison touristique, notamment en juillet-août avec les vacances européennes, va apporter un afflux de devises. Et en octobre, on entre dans la pleine saison, ce qui va accentuer encore ces flux. Enfin, le secteur financier continue lui aussi à attirer des devises via les services offshore et les investissements. Tous ces éléments combinés devraient permettre une amélioration progressive dans les mois à venir. Ce ne sera pas immédiat, mais les indicateurs sont plus positifs qu'il y a un ou deux ans.

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