Au Sénégal, le journaliste Bachir Fofana et l'opposant Moustapha Diakhaté ont été fixés sur leur sort mercredi 30 juillet. Poursuivis dans des affaires distinctes de diffusion de fausses nouvelles et offense au chef de l'État, ils ont écopé de peines allant de deux mois avec sursis à 15 jours fermes. Des peines plus légères que prévu, mais des condamnations qui inquiètent. Ayant déjà passé un mois derrière les barreaux, ils sont désormais libres, mais leurs avocats ont dénoncé ces verdicts comme une atteinte à la liberté d'expression.
Dans les deux cas, le parquet avait requis six mois de prison, dont trois fermes. Finalement, les peines ont été plus légères.
Le journaliste Bachir Fofana, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, a été condamné à deux mois de prison avec sursis et une amende de 200 000 francs CFA (un peu plus de 300 euros). Il avait affirmé que le marché d'acquisition de véhicules pour l'Assemblée nationale aurait profité à un acteur impliqué dans une affaire de corruption.
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L'opposant et ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, a été condamné à deux mois de prison, dont quinze jours fermes, pour offense au chef de l'État. Il est relaxé pour le délit d'offense à une personnalité exerçant une ou toutes les prérogatives du président de la République.
« Qu'on arrête de s'amuser avec l'emprisonnement »
Ces verdicts sont loin de satisfaire Maître El Hadji Diouf, avocat des deux hommes : « Nous n'acceptons pas une seule condamnation. Sursis ou pas : nous ne sommes pas preneurs. Nous dénonçons, avec la dernière énergie, ces décisions qui tendent à instaurer la panique chez les chroniqueurs et les hommes politiques. Ce sont des décisions qui visent à intimider. Les gens ne peuvent plus s'exprimer. C'est une menace permanente, c'est l'épée de Damoclès. Vraiment, qu'on arrête de s'amuser avec l'emprisonnement des hommes de presse et des hommes politiques ».
Bachir Fofana et Moustapha Diakhaté sont libres, ayant déjà passé plus d'un mois derrière les barreaux. Leurs avocats ont toutefois annoncé qu'ils feraient appel, pour le principe, dénonçant une menace pour la démocratie sénégalaise.