Sénégal: Extension de la protection sociale - Le gouvernement sénégalais engage le dialogue avec les travailleurs de l'informel

31 Juillet 2025

Le ministre du Travail, de l'Emploi et des Relations avec les Institutions, M. Abass Fall, a présidé ce lundi à Saly-Portudal un atelier national consacré à l'extension de la protection sociale aux travailleurs de l'économie informelle, notamment du secteur agricole. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'un dialogue élargi qui vise à poser les jalons d'un système plus inclusif, équitable et durable.

Dès l'ouverture, le ministre a tenu à saluer l'implication du Bureau international du travail (BIT), des partenaires techniques et financiers, ainsi que des techniciens de la protection sociale, pour leur rôle dans cette dynamique nationale. « La protection sociale, a-t-il affirmé, est un impératif d'équité sociale. Elle doit concerner tous les citoyens, quel que soit leur statut économique ou leur secteur d'activité. »

Le Sénégal compte une large majorité de travailleurs dans l'économie informelle, représentant plus de 80 % des actifs, mais souvent exclus de tout dispositif de couverture sociale. Parmi eux, les travailleurs agricoles sont les plus vulnérables. « Le monde agricole nourrit les populations sénégalaises, mais il est paradoxalement exclu de la protection sociale, sauf à travers des mécanismes communautaires fragiles. Ce n'est pas juste. L'État doit être présent pour tous », a souligné M. Fall.

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Le gouvernement, en partenariat avec le BIT et d'autres acteurs, entend ainsi relancer le Régime simplifié de protection sociale (RSPS), expérimenté depuis 2013 avec les artisans et les petits commerçants. L'ambition est désormais d'en faire bénéficier les producteurs agricoles, les éleveurs, les pêcheurs et l'ensemble des acteurs de ce vaste secteur.

En parallèle, le ministre a évoqué les efforts en faveur des professionnels de la culture, qui font également partie des exclus du système. Dès 2008, un régime dédié avait été élaboré avec la participation du Comité national des métiers de la culture et de la formation (CMCF), appuyé par le PIJ et le CNCR via le projet SPEC. Bien que structuré et signé, le dispositif est resté lettre morte, faute d'application effective.

Aujourd'hui, le gouvernement affiche une volonté claire de redémarrer les initiatives laissées en suspens. Le dialogue engagé à Saly vise à identifier les blocages, harmoniser les stratégies et poser les bases juridiques et techniques d'une généralisation progressive.

« Nous vivons une époque où il est possible d'expliquer et de convaincre, même au sein des milieux les plus reculés. Il s'agit d'un enjeu de justice sociale, mais aussi d'efficacité économique », a insisté le ministre, appelant à l'implication des leaders communautaires et des coopératives pour porter le plaidoyer sur le terrain.

Le chantier est vaste. Mais pour le ministre, « c'est une question de volonté politique ». Une volonté aujourd'hui affirmée, avec en perspective la relance de la loi d'orientation sylvopastorale et l'inscription de la protection sociale comme priorité dans le nouveau cadre politique.

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