En signant les Accords Artémis à Washington, le Sénégal devient le quatrième pays africain à rejoindre cette initiative pilotée par la Nasa. Sans programme lunaire national, le pays parie néanmoins sur l'avenir.
Le 25 juillet dernier, l'Agence spatiale sénégalaise (ASES) a officiellement signé les Accords Artémis lors d'une cérémonie au siège de la Nasa, à Washington. Une étape hautement symbolique pour ce jeune acteur de l'espace, qui devient ainsi le 54e pays à rejoindre cette coalition internationale lancée par les États-Unis. Le Sénégal suit ainsi les pas du Rwanda, du Nigeria et de l'Angola, les trois autres signataires africains.
Les Accords Artémis forment un cadre juridique et politique destiné à organiser la coopération internationale autour du programme lunaire Artémis. Ce dernier, initié par la Nasa, vise à renvoyer des astronautes sur la Lune, plus de 50 ans après Apollo. L'objectif est cependant différent : l'établissement à terme d'une présence humaine durable et une utilisation pacifique des ressources lunaires.
Programme international
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Contrairement à Apollo, le budget seul de la Nasa ne permet pas de supporter une telle ambition et les États-Unis ne souhaitent plus jouer en solo. Ils misent sur une alliance mondiale pour partager les coûts, les savoir-faire... et l'influence. D'où la nécessité de fixer des règles du jeu. « C'est la mise en place de structures de coopération pour régler de futurs problèmes de voisinage sur la Lune », explique Stefan Barensky, rédacteur en chef du magazine Aerospatium.
Si le Sénégal n'a ni programme lunaire ni astronautes, sa participation n'est pas anodine. Pour les pays africains, il s'agit avant tout d'avoir un siège à la table des négociations, d'être présent dans les discussions qui dessineront les contours du droit spatial de demain. « L'adhésion du Sénégal aux Accords Artemis traduit notre volonté d'inscrire notre engagement spatial dans un cadre multilatéral, responsable et transparent, a ainsi déclaré Maram Kairé, le patron de l'ASES. Cette signature marque une étape importante dans notre diplomatie scientifique et notre ambition de contribuer à une exploration pacifique de l'espace. »
Parier sur l'avenir
En rejoignant les Accords Artémis, Dakar manifeste une volonté claire : ne pas rater le virage du spatial, comme en témoigne le lancement de son premier satellite il y a un an.
Le continent africain commence par ailleurs à s'organiser. En avril 2025, l'Union africaine lançait officiellement l'Agence spatiale africaine, basée au Caire, pour coordonner les efforts scientifiques et techniques des États membres de l'UA. Dakar, Nairobi, Luanda ou Kigali n'ont certes pas de programme lunaire à date, mais cela ne présume en rien le visage du secteur spatial dans quelques décennies.
Pour le Sénégal, cette signature est un coup double. Elle ne lui coûte rien et ouvre la voie à une coopération future avec des partenaires de premier plan. Elle lui permet aussi de prendre place dans un forum où se discutent des enjeux majeurs : exploration, exploitation des ressources, sécurité, transparence, partage des données scientifiques.