Soudan: Rejet du gouvernement parallèle des FSR - Une victoire diplomatique pour Al-Burhan, mais...

Président de la Commission de l’Union africaine
31 Juillet 2025

Cela fait plus de deux ans que deux généraux, que sont Abdel Fattal Al-Burhan et Mohammed Hamdan Daglo alias « Hemetti », se livrent une guerre sans merci pour le pouvoir au Soudan.

La communauté internationale aura tout essayé pour rabibocher les deux protagonistes et espérer ainsi une cessation des hostilités sur le terrain. Mais ces derniers semblent s'être jurés de s'offrir le scalp de l'un ou de l'autre. A preuve, toutes les tentatives de médiation ont échoué tant et si bien que les uns et les autres redoutent une partition du pays.

Et les choses semblent évoluer dans ce sens depuis que repliées dans le Kordofan du Sud, les Forces de soutien rapide (FSR), avec à leur tête, « Hemetti », ont annoncé la mise en place d'un gouvernement parallèle, provoquant, du coup, une véritable levée de boucliers.

Ceux qui prétendent voler au secours du Soudan, ne parlent pas le même langage

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Car, des pays voisins du Soudan à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) en passant par les Emirats Arabes unis et l'Arabie-Saoudite, tous sont unanimes pour rejeter ce gouvernement qui consacre la balkanisation du pays. Et la dernière prise de position est celle de l'Union africaine (UA) qui, sans aller avec le dos de la cuillère, a appelé ses membres à « ne pas reconnaître » le gouvernement mis en place par les paramilitaires.

Toute chose qui sonne comme une victoire diplomatique pour le Général Al-Burhan qui bénéficie du soutien des forces armées soudanaises. Car, en plus de paraître comme un soutien à sa cause, la prise de position contribue à fragiliser davantage le patron des FSR. Or, quand on sait que ce dernier bénéficie du soutien en sous- main, de certains pays voisins et même au-delà, on se demande si Al-Burhan ne ferait pas montre de naïveté en y voyant un isolement de son adversaire.

C'est dire si Al-Burhan a peut-être gagné une bataille, mais pas la guerre. Car la communauté internationale est ainsi faite qu'elle joue parfois à un jeu trouble. Elle souffle le chaud et le froid. Si fait qu'elle peut condamner le jour, ce qu'elle applaudit la nuit tombée. Cela est d'autant plus vrai que dans le cas du Soudan, ils sont nombreux qui, dans l'ombre, tirent les ficelles.

Du reste, si les Emirats Arabes unis, l'Arabie Saoudite, l'Egypte et les Etats-Unis, qui étaient réunis le 29 juillet dernier, ne se sont pas entendus sur les termes du communiqué final, c'est la preuve que ceux qui prétendent voler au secours du Soudan, ne parlent pas le même langage. On peut même se risquer à dire que les uns et les autres défendent leurs intérêts.

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