Depuis toujours, le sport a été mis au service de la politique et de la diplomatie. Des initiatives sportives ont permis de fédérer des nations ou de résoudre certains conflits entre États. Aujourd'hui, cet enjeu est amplifié par la mondialisation, qualifiée par Marshall McLuhan dans son ouvrage The Medium is the Massage (1967) comme un "village planétaire" ou "village global".
Le sport est ainsi devenu un véritable soft power, un pouvoir immatériel permettant aux nations de renforcer leur influence. Les cas du Maroc en Afrique et du Qatar dans le monde sont des exemples patents. On voit également des grandes marques qui acceptent d'associer leur image à des championnats ou à des équipes afin d'en tirer divers dividendes.
Depuis quelque temps, cette stratégie est notamment celle du Qatar, avec le Paris Saint-Germain, et, plus récemment, celle du Rwanda. À chaque fois qu'un joueur ou un supporter porte un maillot de son club, cela fait la publicité du tourisme rwandais avec l'inscription "Visit Rwanda". Le dernier exemple en date est la République démocratique du Congo, qui a signé un contrat avec, tenez-vous bien, le FC Barcelone. Officiellement, cette collaboration de quatre ans entre les deux acteurs vise à « promouvoir le football », mais aussi « la culture du sport et de la paix ».
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Concrètement, toutes les équipes professionnelles du Barça porteront d'abord le slogan « RD Congo - Coeur d'Afrique » dans le dos de leurs maillots d'entraînement. Par ailleurs, un dispositif appelé « Maison de la RDC » sera installé au Camp Nou, le stade du club catalan. L'objectif est de mettre en valeur la diversité culturelle et la tradition sportive congolaises auprès des visiteurs de cette enceinte rénovée.
Dans le même cadre, le FC Barcelone s'engage, à former chaque année 50 jeunes Congolais issus de cinq disciplines sportives : le football, bien sûr, mais aussi le basketball, le handball, le futsal et le roller hockey. En outre, le club proposera des formations spécialisées -- techniques avancées, intégration des sciences du sport, organisation d'événements sportifs -- aux entraîneurs congolais.
Tout cela s'inscrit dans une perspective liée à la CAN 2029, que le Congo souhaite organiser. Cependant, il reste beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la situation politique du pays, qui demeure le vrai problème. C'est là que réside le défi majeur du Congo.
Quelle idée d'investir de l'argent dans un partenariat avec le Barça, alors que la situation économique et politique du pays est critique! Cette manne financière aurait pu servir à revitaliser le football congolais, qui traverse une période difficile.
On comprend la levée de boucliers du public congolais, qui a exprimé son mécontentement depuis l'annonce de ce partenariat. Mais, en réalité, combien a coûté cette opération au contribuable congolais ? Mystère et boule de gomme. La transparence manque, comme c'est souvent le cas dans le monde du sport de haut niveau. Une transparence aurait été une vertu salutaire, même si ce n'est pas toujours la pratique courante.