Sénégal: Ousmane Sonko sur la base militaire de Rufisque - « Si le président l'autorise... »

Ousmane Sonko, premier ministre de la République du Sénégal

Lors de la présentation de son Plan de Redressement Économique et Social (PRES), ce vendredi 1er août 2025 au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a évoqué la valorisation des actifs publics, comme levier de financement sans recours à la dette.

Dans ce cadre, il n'a pas éludé le sujet sensible de l'ancienne base militaire française de Rufisque, devenue un symbole de la tension entre rentabilité économique et impératif sécuritaire.

Un potentiel de 62,5 milliards... en suspens

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S'exprimant devant un public attentif, Sonko a indiqué que le recyclage d'actifs représentait une part importante du financement alternatif prévu par le plan gouvernemental. En tout, 1 124 milliards FCFA pourraient être mobilisés entre 2025 et 2028 à partir d'actifs publics temporairement cédés à des opérateurs privés, sans perte de propriété pour l'État.

Parmi ces actifs figurent :

la base militaire de Bel Air : 224 milliards FCFA

les actifs de la SOGEPA : 341 milliards FCFA

le site de Dakarnave : 61,8 milliards FCFA

la base de Rufisque : 62,5 milliards FCFA (potentiel estimé)

Mais concernant cette dernière, Sonko a nuancé, sourire en coin :

« Cela reste conditionné à l'autorisation du président de la République... Ce qui ne semble pas être le cas pour le moment (sourire), avec un véto fort des Forces armées. »

Cette remarque, faite sur un ton léger, souligne une ligne rouge sécuritaire que l'exécutif semble encore devoir négocier. Malgré le besoin pressant de financer l'action publique sans endettement, certaines ressources stratégiques restent hors de portée, du moins pour l'instant.

En optant pour la cession temporaire d'actifs plutôt que leur vente, le gouvernement Sonko veut conjuguer réalisme économique et souveraineté patrimoniale. La balle est désormais dans le camp de la présidence et des autorités militaires.

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