Tunisie: 'On m'a volé ma place en médecine' - que cache l'affaire du Kef ?

2 Août 2025

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé l'ouverture d'une enquête officielle sur des soupçons de manipulation des choix d'orientation universitaire de plusieurs bacheliers issus de deux lycées de la ville du Kef.

L'enquête est menée en coordination avec les ministères des Technologies de la communication, de l'Économie et de l'Éducation, suite à des témoignages évoquant des changements injustifiés dans les choix exprimés par les candidats au premier tour de l'orientation universitaire.

Selon une source bien informée au sein du ministère citée par l'agence Tap, ces modifications sont dues à un accès non autorisé aux données personnelles des élèves concernés, entraînant une altération de leurs choix initiaux. Le ministère a précisé que chaque situation sera régularisée individuellement, sur la base du score obtenu par le candidat.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Les autorités affirment avoir identifié l'adresse IP à l'origine des manipulations, ainsi que le moment exact de l'infraction, ce qui a permis de lancer des investigations techniques et judiciaires. Le ministre a assuré qu'il n'hésitera pas à engager des poursuites administratives et pénales contre toute personne impliquée dans ce qu'il qualifie d'actes de sabotage systématique visant à discréditer le processus d'orientation.

Parmi les étudiants concernés figure Mohamed Abidi, lauréat du baccalauréat en sciences expérimentales avec une moyenne de 18/20, qui a dénoncé sur les réseaux sociaux avoir été orienté vers la filière "patrimoine" à Kairouan, une spécialité qu'il n'a jamais choisie. Il avait initialement exprimé des voeux en médecine à Monastir, Sousse, Tunis, Sfax, ainsi qu'en pharmacie.

Dans une publication intitulée "Aucun droit ne se perd quand un étudiant le réclame", Abidi a annoncé avoir reçu un appel personnel du ministre de l'Enseignement supérieur, l'informant que des instructions avaient été données pour le réorienter en médecine, et qu'une enquête allait être menée.

Son témoignage a déclenché une vague de réactions similaires de la part d'autres bacheliers victimes de la même situation, dont Nour Souifi, Jennane Abidi et Maram Khmissi, relançant le débat sur la sécurité des plateformes numériques d'orientation et la protection des données des candidats.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.