Au Tchad, on est toujours sans nouvelles de huit jeunes évangélistes arrêtés le 21 juin dans la capitale au terme d'une journée de porte-à-porte. Ils ont entre 18 et 25 ans et leurs parents ne savent toujours pas ce qui leur est reproché. Des organisations religieuses en appellent à l'intervention du président de la République.
Samedi 21 juin 2025 dans le quartier Sabangali de la capitale du Tchad : huit jeunes partagent le thé, ainsi qu'une dernière prière avant de se séparer, au terme d'une journée d'évangélisation à Ndjamena. Ils sont arrêtés par des militaires qui les emmènent au commissariat central. Mais leurs parents n'ont pas le temps d'arriver qu'ils sont embarqués dans un autre véhicule aux vitres teintées, vers une destination cette fois inconnue.
Florence Mbaï Ndangdje, la mère de deux d'entre eux, témoigne : « Nous, les mamans, sommes là avec notre peine qui augmente de jour en jour. Nous sommes même allées au commissariat, nous avons rencontré le procureur. Il nous a promis qu'il ferait tout pour que les enfants soient libérés. Depuis lors, il n'y a pas eu de suite. »
« Ils ne sont pas violents, ils ne sont pas agressifs »
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L'Entente des Églises et missions évangéliques du Tchad dialogue avec la présidence pour tenter d'obtenir leur libération. Djimadoum Ngakoutou, lui, est le coordinateur d'une plateforme d'échanges entre évangélistes. Il a décidé d'écrire une lettre ouverte adressée directement au chef de l'État. « Je vais vraiment le supplier pour qu'il puisse faire libérer ces enfants. Ils ne sont pas violents, ils ne sont pas agressifs. C'est un message de paix qu'ils ont porté. S'ils sont coupables, qu'ils soient jugés. S'ils ne sont pas coupables, qu'on les libère et qu'on les remette à leurs parents ».
Les jeunes seraient détenus par les renseignements généraux, selon une source sécuritaire haut placée. « Pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la religion », précise-t-elle.