Nigeria: Un tribunal bloque la vente des actifs de 54gene dans le cadre d'une bataille juridique entre le fondateur et les investisseurs

TLDR

  • La Haute Cour fédérale de Lagos a émis une injonction empêchant la vente d'actifs appartenant à 54gene, la startup nigériane de génomique autrefois considérée comme un pionnier de la biotechnologie africaine.
  • L'action en justice fait suite à une requête déposée par le Dr Abasi Ene-Obong, fondateur et ancien directeur général de la société.
  • Les actifs mis en vente comprenaient des données génomiques sensibles de 100 000 Nigérians, dont le prix aurait été fixé à 3 millions de dollars.

La Haute Cour fédérale de Lagos a émis une injonction empêchant la vente d'actifs appartenant à 54gene, la start-up nigériane de génomique autrefois considérée comme un pionnier de la biotechnologie africaine. Abasi Ene-Obong, fondateur et ancien PDG de la société, qui accuse les principaux investisseurs d'avoir orchestré l'effondrement de la société et d'avoir tenté de la dissoudre sans rendre de comptes.

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Les actifs destinés à la vente comprenaient des données génomiques sensibles de 100 000 Nigérians, dont le prix aurait été fixé à 3 millions de dollars. Ene-Obong affirme que cette vente, et les événements qui l'ont précédée, violent les obligations éthiques et fiduciaires envers les participants à la recherche, les actionnaires et les communautés nigérianes.

54gene a été évaluée à 170 millions de dollars et soutenue par d'importants investisseurs internationaux, dont Adjuvant Capital et Cathay AfricInvest Innovation Fund. Cependant, elle a fermé ses portes en 2023 à la suite d'une forte baisse de ses revenus après l'affaire COVID, de l'échec de ses tentatives de collecte de fonds et de défaillances dans sa gouvernance interne.

La décision du tribunal retarde toute dissolution ou transfert d'actifs jusqu'à ce que l'affaire soit résolue, braquant les projecteurs sur l'un des échecs de startup les plus spectaculaires de l'écosystème technologique africain.

Points clés à retenir

Le démantèlement de 54gene - autrefois un symbole du potentiel biotechnologique de l'Afrique - soulève des questions pressantes sur la gouvernance des investisseurs, les droits des fondateurs et la souveraineté des données dans les startups africaines. Au coeur du litige se trouve une lutte de pouvoir entre Ene-Obong et les actionnaires privilégiés Adjuvant Capital et Cathay AfricInvest, qui détenaient 29,4 % de la société et en auraient pris le contrôle à la suite de sa démission en 2022.

Ene-Obong affirme que les investisseurs ont rejeté plusieurs offres de sauvetage, notamment une injection de capital de 80 millions de dollars et une proposition d'acquisition de 35 millions de dollars, tout en appliquant des conditions qui leur garantissaient une préférence de liquidation quadruple, en écartant les actionnaires ordinaires et en forçant l'entreprise à la faillite.

Cette affaire met en lumière la fragilité des structures de gouvernance d'entreprise qui peuvent émerger lorsque des startups africaines lèvent des capitaux par l'intermédiaire de structures offshore complexes. Bien que la société holding de 54gene ait été constituée aux États-Unis, ses activités, ses actifs et sa valeur - y compris une biobanque nationale et une propriété intellectuelle génomique - résidaient au Nigéria.

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