Cameroun: Manipulation au MINAT - Subventions à Ekane et tentative d'invalidation de Kamto dévoilées

Un scandale d'État secoue une fois de plus le paysage politique camerounais. Le MINAT, en tentant d'invalider la candidature du Pr Maurice Kamto, investi par le MANIDEM et Anicet Ekanè, a présenté devant le Conseil constitutionnel des documents remettant en cause la légitimité de ce dernier à la tête de son parti.

Pourtant, les faits et la chronologie démontrent une manipulation manifeste. Jusqu'en juillet 2025, le ministère a continué de verser les subventions publiques à Anicet Ekanè, tout en affirmant aujourd'hui qu'il ne le reconnaît plus comme président du parti depuis 2021.

Une contradiction flagrante. Aucune notification n'a été adressée à l'ELECAM, aucun acte officiel n'a été rendu public avant le dépôt de la candidature de Kamto. Le site internet du ministère n'a été mis à jour qu'après coup, preuve supplémentaire de cette gestion politique à géométrie variable. L'objectif est limpide : disqualifier un adversaire politique par des procédés administratifs détournés.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Cette affaire dépasse le cadre d'une simple irrégularité. Elle constitue une atteinte grave à la transparence électorale, et une manipulation qui soulève des inquiétudes sur l'usage sélectif de l'appareil étatique à des fins partisanes. Car si le MINAT ne reconnaissait plus Anicet Ekanè depuis 2021, pourquoi lui avoir maintenu les financements publics ? Pourquoi ne pas avoir informé les institutions compétentes, ni actualisé les informations officielles à temps ?

La manoeuvre éclate au grand jour et révèle un système où certains acteurs peuvent violer ostensiblement la loi sans conséquence. Dans toute démocratie fonctionnelle, ce genre de pratiques appellerait à des sanctions immédiates, des enquêtes, voire des démissions. Mais dans le contexte camerounais, ce silence assourdissant devient un mécanisme de gouvernance.

En ciblant indirectement le Pr Kamto, le MINAT ne fait pas seulement preuve de partialité, il expose l'État à une crise de légitimité profonde. Les citoyens, déjà méfiants, assistent à une démonstration de duplicité étatique où les faits sont manipulés pour servir un agenda politique opaque. Cette affaire doit faire l'objet d'un traitement judiciaire transparent. Il ne s'agit pas d'un simple faux administratif. Il s'agit d'un acte délibéré d'instrumentalisation institutionnelle.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.