Cameroun: Vives réactions après l'éviction définitive de Maurice Kamto de la course à la présidentielle

Maurice Kamto, Président National du M.R.C

Au Cameroun, le Conseil constitutionnel a rejeté ce mardi 5 août le recours de l'opposant Maurice Kamto et confirmé la décision d'Elecam, l'organe en charge des processus électoraux au Cameroun, de l'exclure de la course à la présidentielle. Maurice Kamto avait été déclaré officiellement deuxième à l'élection de 2018. Cette fois, le 12 octobre prochain, il ne pourra pas affronter lui-même dans les urnes le président Paul Biya, qui, à 92 ans, brigue un huitième mandat. Immense déception pour les soutiens de Maurice Kamto, mais pour les autorités, « le droit a été dit ».

Pour Emmanuel Simh, vice-président du MRC, le premier parti soutenant Maurice Kamto, c'est une désillusion, un « massacre du droit et de la démocratie camerounaise », dit-il. « Le Conseil constitutionnel du Cameroun a rendu une décision purement politique. Elle n'a rien de juridique. Ces conseillers-là ont failli à leur serment. Et j'ai le sentiment qu'ils ont décidé de prendre des consignes (...) au lieu de prendre leur courage en main et de rendre au peuple camerounais la décision qu'il fallait rendre et le sentiment que nous avons, c'est que cette décision était écrite d'avance ».

Une question au coeur du dossier : qui avait autorité au sein du parti Manidem pour investir un candidat ? L'équipe d'Anicet Ekane qui a soutenu Maurice Kamto, ou celle de Dieudonné Yebga, dossier présenté en dernière minute ? Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, maintient sa ligne. « Nous avons des documents qui prouvent clairement qu'Anicet Ekane n'assume aucune fonction au sein du Manidem. Je n'ai pas besoin de présenter les documents (...). À un moment donné, c'est ainsi, mais au moment où on présente les candidatures à cette élection présidentielle, le mandataire social, c'est Dieudonné Yebga, c'est lui que nous connaissons. Le droit a été dit et on s'incline et ceux qui ont des remords ou qui veulent pleurer, ils peuvent le faire tranquillement dans leur chambre ».

Après deux jours d'audiences pour examiner 36 requêtes, le Conseil constitutionnel doit encore publier la liste définitive des candidats à la présidentielle.

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