Afrique: Maréchal Khalifa Haftar, entre misères et fatwa du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad

Dans un communiqué dont détient copie Confidentiel Afrique, Choua Dazi, président du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), exige la reconnaissance de la responsabilité de Khalifa Haftar pour les mines posées dans le nord du pays en 1985-87 lors de la guerre avec le bombardement par la Libye des villes tchadiennes du nord.

Les misères du Maréchal Khalifa Haftar, commencent. Commandant en chef de l'Armée nationale libyenne depuis 2015, Haftar était à la tête du corps expéditionnaire libyen à la frontière tchado-libyenne. Pour le MDJT, il « est celui qui a posé les mines antichars et anti-personnelles qui font des dégâts énormes tant en victimes humaines que sur l'environnement ».

Une fatwa que lance le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad exigeant des réparations de la part de Khalifa Haftar pour les dégâts qu'il a causés en 1985.

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Pour le MDJT, en tant qu'acteur politique et militaire en Libye, "Khalifa Haftar ne peut échapper à sa responsabilité historique" et considère l'homme comme "directement responsable des conséquences humaines et matérielles de l'implantation de mines dans le nord du Tchad sous sa supervision militaire". En conséquence, le MDJT exige des réparations concrètes, à savoir "le financement intégral du déminage dans les zones touchées, le dédommagement des victimes civiles et militaires et une reconnaissance officielle de sa responsabilité dans ces actes."

Le MDJT, ancien mouvement politico-militaire devenu récemment parti politique au Tchad, dit "rejeter toute tentative d'établissement de relations bilatérales ou diplomatiques avec Khalifa Haftar ou ses représentants tant que justice n'a pas été rendue et que les réparations ne sont pas engagées" et appelle le "président Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, les institutions internationales et africaines et onusiennes à soutenir [sa] démarche pour que la mémoire des victimes soit respectée et que le droit prévale sur l'impunité".

NDjaména reste aphone à l'appel du MDJT

Pour rappel, le MDJT a battu campagne pour le «Oui» au référendum constitutionnel du 17 décembre 2023 et, en tant que membre de la coalition Tchad uni, a soutenu la candidature de Mahamat Idriss Déby Itno pour la présidentielle du 6 mai 2024.

Le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) est un mouvement politico-militaire tchadien fondé fin décembre 1998 par l'ancien ministre Youssouf Togoïmi contre le régime du défunt Idriss Déby Itno. À la fin du mois d'août 2002, Youssouf Togoïmi est blessé dans l'explosion d'une mine et évacué à Tripoli en Libye où il meurt le 24 septembre 2002.

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