Cameroun: Le principal candidat de l'opposition camerounaise a été exclu des élections.

Addis-Abeba — Le Conseil constitutionnel camerounais a disqualifié Maurice Kamto, principal adversaire du président Paul Biya, de l'élection présidentielle du 12 octobre.

Kamto, 71 ans, cherchait à se présenter sous la bannière du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM) après avoir démissionné du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) en juin.

Le président du Conseil, Clément Atangana, a jugé le recours de M. Kamto recevable, mais l'a déclaré « infondé », affirmant que sa candidature ne remplissait pas les critères légaux requis.

En vertu du code électoral camerounais, seuls les partis comptant des députés ou des conseillers municipaux élus peuvent présenter des candidats à la présidentielle ; le MANIDEM ne remplit pas ces critères.

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Le MRC, que Kamto représentait en 2018, où il est arrivé deuxième derrière M. Biya, a boycotté les élections législatives et municipales de 2020, le rendant ainsi inéligible. La disqualification de Kamto a suscité de vives inquiétudes, notamment de la part de Human Rights Watch, qui a averti que cette décision remettait en cause la légitimité de l'élection.

« Cette exclusion laissera une ombre sur les résultats, quels qu'ils soient, qui seront finalement annoncés », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior Afrique à HRW.

Le président du MANIDEM, Anicet Ekane, a dénoncé la décision comme étant politique, affirmant que le parti réfléchissait encore aux prochaines étapes. Par ailleurs, 13 des 83 candidats à la présidentielle ont été confirmés, dont Biya, 92 ans, qui brigue un huitième mandat, et ses rivaux Cabral Libii et Joshua Osih.

Les autorités ont également arrêté plusieurs individus près du ministère de l'Administration territoriale, les accusant de trouble à l'ordre public, selon le site web Radar Africa. Les partis d'opposition, sous le choc de l'exclusion de Kamto, se sont engagés à s'unir derrière un candidat unique, bien qu'aucun nom n'ait encore été annoncé. Les sessions du Conseil n'ont pas été diffusées en direct, ce qui a renforcé les inquiétudes quant à la transparence et à l'intégrité démocratique du processus électoral.

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