Sénégal: Sédhiou - Une 'synergie régionale' attendue pour réduire les VBG

Sédhiou — La forte prévalence de la violence à l'égard des femmes dans la région de Sédhiou (sud-est) nécessite que les efforts soient intensifiés pour y apporter des solutions, a déclaré, mercredi, la directrice de la famille et de la protection des groupes vulnérables, Rokhaya Diakhaté.

La région de Sédhiou affiche, dans ce domaine, "un taux de prévalence de 48,1 %, bien au-dessus de la moyenne nationale estimée à 20 %", a-t-elle déclaré à l'ouverture d'un atelier de trois jours, visant à élaborer un plan d'action conjoint pour l'élimination des violences basées sur le genre (VBG).

L'importance de ce taux doit conduire à "redoubler d'efforts pour freiner cette pratique faite aux femmes et aux filles", a indiqué la directrice de la famille et de la protection des groupes vulnérables au ministère de la Famille et des Solidarités.

Cet atelier réunit des représentants des collectivités territoriales des régions de Sédhiou, Kolda et de Ziguinchor, ainsi que des acteurs communautaires et responsables de projets et programmes engagés dans la lutte contre les VBG.

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La rencontre vise à concevoir une stratégie commune pour éradiquer les violences faites aux femmes et aux filles, notamment les mutilations génitales féminines (MGF), encore largement répandues dans la région.

Sous l'égide de la direction de la famille et de la protection des groupes vulnérables, cette initiative déroulée de concert avec l'appui technique du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), a mobilisé des élus locaux frontaliers et des leaders communautaires.

Des taux similaires à ceux enregistrés à Sédhiou, voire plus élevés, sont notés dans les régions de Matam et Kolda, Ziguinchor et Kédougou présentant des chiffres inférieurs, a souligné Rokhaya Diakhaté.

Ce projet ne se limite pas aux frontières sénégalaises et devrait s'entendre aux pays voisins, à savoir la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée-Conakry et le Mali, où les taux de prévalence des violences basées sur le genre sont compris "entre 80 et 85 %".

Il s'agit, dit-elle, de "créer une synergie régionale pour réduire significativement ces violences dans l'ensemble de la sous-région".

L'atelier permettra de recueillir les contributions des participants pour définir des mécanismes de lutte adaptés aux réalités locales, a-t-elle expliqué, assurant que l'accent sera mis sur la sensibilisation, la formation et la mobilisation des leaders religieux et coutumiers, dont l'influence est cruciale sur les communautés.

L'adjoint au gouverneur de Sédhiou chargé des affaires administratives, Ba Ousmane Danfakha, a salué cette initiative et souligné l'importance de l'implication des élus frontaliers dans la mise en oeuvre des plans locaux de lutte contre les VBG.

Il a appelé un certain nombre de recommandations relatives au renforcement de la collaboration entre les élus et les responsables du programme, l'intégration de la dimension genre dans les curricula scolaires et un appui financier accru aux collectivités territoriales pour exécuter les plans d'action.

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