Cameroun: État de droit en façade, répression politique dans les rues et dans les prisons

Au Cameroun, les autorités et les cadres du RDPC répètent inlassablement que le pays est un État de droit. Pourtant, les événements récents, tant sur le sol national qu'à l'étranger, révèlent un contraste saisissant entre cette rhétorique institutionnelle et la réalité vécue par de nombreux Camerounais engagés dans l'expression démocratique.

À Bruxelles, des membres de la diaspora ont manifesté violemment leur indignation devant l'ambassade du Cameroun. Leur mobilisation, motivée par le rejet des candidatures de plusieurs opposants à la présidentielle de 2025, a rapidement dégénéré en échauffourées avec la police belge. Une vingtaine d'entre eux ont été interpellés avant d'être relâchés après une courte garde à vue. Ces actes, bien que réprimés, ont toutefois bénéficié d'un cadre juridique qui a permis aux manifestants de recouvrer leur liberté.

Le contraste est brutal avec la situation au Cameroun. Des citoyens, animés du même désir d'assister aux audiences des recours introduits au Conseil constitutionnel contre les décisions d'ELECAM, ont été arrêtés sans ménagement aux abords du Palais des Congrès. Jusqu'à ce jour, plusieurs d'entre eux restent incarcérés sans jugement, dans un silence quasi total des institutions.

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Ce double standard met à mal la notion même de justice dans un pays où l'appareil sécuritaire semble avant tout au service d'un ordre politique verrouillé. Tandis que la diaspora camerounaise peut encore, dans des contextes étrangers, bénéficier de procédures juridiques équilibrées, ceux qui vivent sur le territoire national se heurtent à une machine répressive implacable.

Cette situation soulève des interrogations profondes sur la validité de l'étiquette d'État de droit, souvent brandie à l'extérieur comme gage de stabilité. Le traitement réservé aux manifestants, à Bruxelles comme à Yaoundé, illustre une fracture profonde dans l'accès aux droits fondamentaux. La répression des voix dissidentes et le verrouillage de l'espace civique sapent les fondations mêmes d'un régime démocratique crédible.

Derrière les déclarations officielles, c'est un système verrouillé, plus préoccupé par la gestion de l'image que par le respect des libertés fondamentales, qui se dessine. La gestion de la présidentielle de 2025 devient alors le miroir d'un régime politique en quête de légitimité, mais dont les méthodes trahissent un profond malaise démocratique.

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