Ile Maurice: Les familles réclament justice, la Santé sur le banc des témoins

Les choses s'accélèrent dans l'enquête judiciaire entourant le décès de plusieurs patients dialysés à Souillac, survenu entre mars et avril 2021 dans le contexte tendu de la pandémie de Covid-19. Depuis la dernière session en cour de Curepipe, les auditions prennent une tournure plus sérieuse : après les témoignages des proches endeuillés, ce sont désormais les membres du ministère de la Santé qui seront appelés à la barre. Toutefois, aujourd'hui, cela devrait être l'un des derniers proches qui va déposer.

Lors de la dernière audience, le Senior Record Officer et le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, ont été entendus. Ce dernier, interrogé par Me Jean-Michel Ah Sen, représentant du Directeur des poursuites publiques (DPP), a reconnu un point crucial : le manque de reconnaissance du statut de vulnérabilité des patients sous dialyse.

Un aveu lourd de sens, alors que les familles des victimes attendent toujours des réponses. «Une attention particulière aurait dû leur être accordée», a déclaré le médecin, une déclaration qui résonne avec force auprès de ceux qui réclament justice.

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Présidée par la magistrate Shavina Jugnauth, cette enquête judiciaire vise à faire toute la lumière sur les décisions prises à l'époque, alors que les patients dialysés avaient été transférés dans un centre de quarantaine installé à l'hôtel Tamassa, avant d'être soignés à l'hôpital de Souillac. Les conditions de leur prise en charge, les protocoles appliqués, les responsabilités engagées... Autant de questions que les auditions à venir devront élucider.

Mais alors que la justice poursuit son cours, la Renal Disease Patients' Association monte au créneau pour s'opposer à la nomination annoncée du Dr Soobaraj Sok Appadu à la tête de l'hôpital de Souillac. Le secrétaire de l'association, Bose Soonarane, a adressé une plainte formelle au ministère de la Santé, dénonçant une décision jugée inappropriée : «Comment peut-on nommer quelqu'un qui pourrait être appelé à témoigner dans l'enquête judiciaire à un poste où il pourrait potentiellement avoir accès aux documents officiels ?»

Au ministère de la Santé, on tente de calmer le jeu. Selon un responsable, ces mouvements de personnel sont courants : «Les transferts se font chaque année. Ils relèvent d'une gestion administrative classique. Nous recevons souvent des requêtes du public ou d'organisations communautaires pour garder certains médecins ou infirmiers en poste. Mais au final, c'est le département des ressources humaines qui tranche, en tenant compte des compétences et des besoins.»

En tout cas, les proches attendent impatiemment de connaître les conclusions de cette enquête judiciaire.

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