Tunisie: «Mafia», «corruption», «dégage» - La colère gronde contre l'Ugtt

8 Août 2025

Une manifestation a eu lieu hier, jeudi 7 août, devant le siège de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt), Place Mohamed-Ali à Tunis. Hommes et femmes, drapés du drapeau national, entonnant l'hymne national, ont scandé des slogans hostiles au syndicat, accusé d'être une « mafia » et le « symbole de la corruption ».

Les protestataires ont exigé la dissolution du bureau actuel de l'Union, ainsi que le départ de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, qualifié de « lâche ». Ils ont brandi des pancartes dénonçant la « dilapidation de l'argent du peuple » et répété à plusieurs reprises le slogan « Dégage ! ».

L'Ugtt contre-attaque et dénonce une tentative d'assaut

En réaction, l'Ugtt a publié un communiqué au ton ferme, condamnant une « tentative d'intrusion » orchestrée, selon elle, par des « groupes criminels» agissant sur ordre de campagnes de mobilisation. L'organisation a comparé ces agissements aux méthodes des anciennes Ligues de protection de la révolution, affirmant qu'elle entend poursuivre en justice les auteurs présumés de cette tentative d'intrusion.

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« Il s'agit d'une manoeuvre visant à semer la discorde et la violence dans le pays. Les syndicalistes doivent se mobiliser pour défendre leur organisation », peut-on lire sur la page officielle de l'Ugtt. Et d'ajouter : « Les bâtisseurs de l'Union sont là, prêts à défendre leur organisation face à des bandes expertes en manipulation. Ils tiennent bon, résistent et protègent la centrale syndicale. »

Polémique autour de l'absence de Taboubi

La tension a été exacerbée par une polémique autour du congé pris par Noureddine Taboubi à la veille de la manifestation. Son absence a alimenté les rumeurs sur un possible départ ou une tentative de le remplacer en urgence.

Le porte-parole de l'Ugtt, Sami Tahri, est intervenu pour démentir fermement ces informations. Dans une déclaration radiophonique, il a qualifié ces rumeurs de « fausses et infondées », accusant des « parties hostiles » de chercher à semer la confusion dans les rangs syndicaux et à déstabiliser l'opinion publique. Il a précisé que Taboubi est simplement en congé et qu'il reprendra ses fonctions à l'issue de cette période, tout en n'excluant pas un retour anticipé, vu la gravité de la conjoncture actuelle.

Un dispositif de sécurité a été déployé devant le siège de l'Ugtt afin de prévenir tout débordement et assurer la protection des lieux.

Dans un communiqué publié à l'issue de la manifestation, le bureau exécutif de l'Ugtt, par la voix de son secrétaire général par intérim, Farouk Ayari, a dénoncé ce qu'il a qualifié de «tentative d'agression» du siège de la centrale syndicale par un « gang étranger à l'organisation».

Le syndicat a qualifié aussi cette attaque de « lâche », l'assimilant aux méthodes des anciennes Ligues de protection de la révolution. Il a appelé le ministère public à ouvrir une enquête urgente sur les actes d'agression, de diffamation, de calomnie et d'incitation à la violence survenus ce jour-là. Le communiqué exhorte par ailleurs les syndicalistes à se mobiliser pour défendre leur organisation.

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