Gabon: Justine Judith Lekogo fustige l'exigence de 'quitus' - Une atteinte grave aux libertés fondamentales

Justine Judith Lekogo, députée de la Transition et membre engagée de l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), a vivement réagi, ce samedi, aux propos jugés inacceptables du Secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), qui prétend conditionner la démission des militants à l'obtention d'un "quitus" délivré par la direction du parti.

Dans un message sans détour publié sur sa page Facebook officielle, Mme Lekogo dénonce une manoeuvre autoritaire et liberticide, contraire à l'esprit et à la lettre de la Constitution gabonaise. Elle y voit une tentative à peine voilée d'intimider et de museler ceux qui font le choix, légitime, de quitter une formation politique.

"Ni le PDG ni aucun autre parti n'a le pouvoir de séquestrer politiquement ses membres sous prétexte de loyauté. L'adhésion à un parti est libre, la démission l'est tout autant !", martèle la députée, qui appelle à une mobilisation générale contre cette dérive inquiétante.

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L'idée même d'exiger un quitus pour quitter un parti relève, selon elle, d'un archaïsme juridique et d'un autoritarisme politique inacceptable dans une démocratie moderne. "C'est une régression grave, un mépris flagrant du pluralisme politique et une insulte à l'intelligence démocratique du peuple gabonais", poursuit-elle.

Mme Lekogo rappelle avec force que nul ne peut être contraint de demeurer dans une organisation politique contre sa volonté, quelles que soient les règles internes invoquées. Ces dernières, précise-t-elle, ne peuvent et ne doivent jamais s'ériger au-dessus de la Constitution ou de la loi organique électorale. Toute disposition contraire est nulle, illégale et inopposable.

Elle reconnaît que dans certains cas, notamment ceux visés par l'article 82 de la loi organique n°001/2025, des règles encadrant la sortie d'un parti peuvent exister. Mais ces règles doivent rester dans les limites strictes du droit et ne sauraient en aucun cas se transformer en outils de représailles ou de chantage politique.

Justine Judith Lekogo sonne l'alerte : "Nous ne devons pas laisser prospérer ce type de discours rétrograde et antidémocratique. Aujourd'hui c'est le PDG qui parle de quitus, demain ce pourrait être un autre parti. La liberté politique n'est pas négociable !"

Elle appelle tous les démocrates sincères, tous les acteurs de la société civile, toutes les forces républicaines à se lever contre ce type de pratiques dignes d'un autre âge. Il en va, selon elle, de la survie même de notre démocratie, déjà trop souvent malmenée par des calculs partisans et des réflexes autoritaires.

Vers la fin, elle exige que cesse immédiatement cette exigence illégitime, et exhorte toutes les formations politiques à respecter scrupuleusement les droits et libertés garantis par l'ordre constitutionnel.

Le respect de la liberté d'adhésion et de désengagement n'est pas une option : c'est une obligation démocratique.

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