Cameroun: Présidentielle - Des enseignants observateurs «pour rendre le scrutin le plus transparent possible»

Des enseignants veulent se muer en observateurs lors de la présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025. C'est le sens du projet Éducateurs observateurs du scrutin, explique Roland Assoah Etoga, Secrétaire général à la coordination du Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) : « C'est pendant les élections qu'on choisit ceux qui vont définir les politiques éducatives. Il faut donc que ceux qui seront choisis soient réellement choisis par le peuple pour le faire. »

Au Cameroun, dans la perspective de la présidentielle du 12 octobre 2025, des enseignants lancent le projet EOS, pour « Éducateurs observateurs du scrutin ». L'idée : mobiliser les enseignants sur l'ensemble du territoire pour surveiller les opérations de vote, de dépouillement et de comptages des voix.

Partant du constat que les difficultés du secteur de l'éducation publique au Cameroun - mises en avant par le mouvement « On a trop supporté (OTS) » - ne peuvent être résolues que par des politiques éducatives définies par les dirigeants, et partant du constat aussi que de nombreux partis n'ont pas assez de moyens pour être représentés dans chaque bureau alors que les enseignants, eux, sont répartis sur tout le territoire, ces derniers doivent donc s'investir davantage dans le processus électoral, selon Roland Assoah Etoga.

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« Le maillage du territoire que recherchent les partis, les enseignants l'ont déjà »

Le secrétaire général à la coordination du Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) souligne au micro d'Amélie Tulet : « Si on n'agit pas en amont sur les politiques éducatives, il se pourrait que notre lutte soit une lutte éternelle. Donc, notre démarche est simple : c'est pendant les élections qu'on choisit ceux qui vont définir les politiques éducatives. Il faudrait donc que ceux qui sont choisis soient réellement choisis par le peuple pour le faire. »

Il insiste : « Les élections n'ont pas toujours été les plus transparentes au Cameroun. Nous avons pensé qu'il était opportun pour les éducateurs de montrer le chemin. D'autant plus que, vous savez, les élections se déroulent dans les salles de classe, dans les établissements scolaires. En 2018, lors des dernières présidentielles, il y avait 24 988 bureaux de vote. D'après les chiffres officiels aussi, nous avons 25 000 établissements scolaires. Donc, vous voyez que le maillage que recherchent les partis politiques, les enseignants ont déjà ce maillage. Donc, le devoir citoyen nous commande de nous approprier le processus électoral pour le rendre le plus transparent possible. »

Le Conseil constitutionnel du Cameroun avait définitivement rejeté le 5 août la candidature à l'élection présidentielle du 12 octobre de Maurice Kamto, principal opposant au président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans et qui a annoncé briguer un huitième mandat. Le Conseil avait, en revanche, validé les candidatures de deux autres opposants historiques, Cabral Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), et Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF). Au total douze candidats brigueront la magistrature suprême.

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