Ile Maurice: Commerce des singes - La colère des activistes face aux «promesses trahies»

L'indignation monte dans les rangs des activistes mauriciens contre le commerce des singes.

Lors d'une conférence de presse organisée jeudi par la plateforme REAKT, le collectif 4 Ti Lapat et Stop Monkey Massacre, les accusations ont plu : promesses trahies, silence complice et permis d'État révélés à la presse. «Le gouvernement nous a bien eu.»

C'est en ces mots que Linley Moothien, figure de proue du collectif 4 Ti Lapat, a résumé son sentiment de trahison. D'un ton ferme et chargé d'émotion, il a dénoncé la récupération politique de son engagement par des parlementaires qui, une fois élus, auraient tourné le dos à leur engagement éthique : «Quand ils étaient dans l'opposition, ils soutenaient le combat contre le trafic de singes. Ils nous utilisaient, ils se montraient à nos côtés. Aujourd'hui, silence total.»

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Un constat douloureux partagé par Priscilla Moothien qui dit ressentir une «immense déception», notamment des junior ministers Joanna Bérenger et Kugan Parapen, silencieux aujourd'hui : «On devait se rencontrer avec Joanna Bérenger, elle m'a ghostée. Plus aucune nouvelle. Kugan Parapen aussi, absent. C'est insultant.» Lors de cette conférence, Mansa Daby a diffusé une copie d'un permis délivré vraisemblablement par l'État pour la capture de singes en milieu naturel. Un document choc, que les activistes estiment incompatible avec les engagements environnementaux affichés par le pays.

Cette prise de parole intervient dans la foulée d'un rapport d'enquête publié par la journaliste Tracy Keeling, mettant en lumière d'éventuelles violations des engagements de Maurice envers la Convention CITES. L'État mauricien y est accusé de négligence dans ses obligations d'évaluation de durabilité concernant l'exportation de macaques à des fins scientifiques. «Ce rapport confirme ce qu'on dénonce depuis longtemps : le business des singes est un business opaque, immoral et en pleine expansion», déplore Mansa Daby.

Les intervenants ont lancé un appel fort aux médias : «Parlez-en ! Reliez cette affaire à l'intérêt public. Car tant que la presse reste silencieuse, les cages se remplissent dans l'ombre.» Les activistes pointent également le rôle ambigu de plusieurs ministères - Environnement, Agro-industrie, Recherche - et leur participation indirecte à la banalisation de cette industrie controversée. Une conférence récente organisée par les Sino-Breeders n'aurait même pas invité les ONG écologistes locales.

Si certains militants admettent avoir été «naïfs» en pensant que la cause animale transcendait les lignes partisanes, la réalité semble les avoir rattrapés : «Même ceux qui se disaient écolos nous ont abandonnés dès qu'ils ont obtenu un siège.» Le collectif envisage désormais une action renforcée. «Nous allons continuer à alerter, à exposer, à résister. On ne lâchera pas.» Linley Moothien a été pour sa part virulent. «Tou seki finn fote pou fini deryer baro parey kouma zot pe me zako dan kaz.»

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