Cameroun: Le conseil constitutionnel peut-il valider une victoire hors RDPC ?

À l'approche de l'élection présidentielle camerounaise d'octobre 2025, une question centrale agite l'opinion publique : le Conseil constitutionnel pourrait-il réellement reconnaître la victoire d'un candidat autre que celui du RDPC ? Les doutes persistent et s'amplifient dans un climat politique tendu où la confiance envers les institutions reste fragile.

Depuis sa création, cette instance est censée être l'ultime garant de la légalité électorale. Pourtant, pour de nombreux Camerounais, son image est ternie par une perception d'allégeance politique. Les membres du Conseil, bien qu'enveloppés de la toge judiciaire, sont souvent soupçonnés de porter en réalité la tunique du parti au pouvoir, transformant ainsi des arbitrages électoraux en simples prolongements d'une ligne politique.

Le cas le plus frappant reste l'exclusion controversée de Maurice Kamto de la course présidentielle. Pour ses partisans, cette disqualification ne relevait pas d'une décision judiciaire impartiale, mais bien d'un choix politique masqué sous un vernis juridique. Les preuves avancées par l'opposition semblaient solides, mais elles n'ont pas suffi à infléchir le verdict officiel.

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Cette situation nourrit un sentiment d'injustice et de résignation. Dans les rues de Douala, Yaoundé ou Garoua, les discussions s'enflamment autour de la transparence du scrutin à venir. Nombreux sont ceux qui estiment que, quelles que soient les urnes, la proclamation finale pourrait déjà être écrite en faveur du candidat du RDPC.

Pourtant, la crédibilité d'un processus électoral repose sur la capacité des institutions à faire primer le droit sur les intérêts partisans. Une décision du Conseil constitutionnel validant un candidat issu de l'opposition constituerait un tournant historique et un signal fort à l'intérieur comme à l'international. Mais tant que l'ombre du doute plane, chaque annonce, chaque disqualification et chaque interprétation juridique risque d'être perçue comme une manoeuvre politique.

L'enjeu dépasse le simple résultat de 2025. Il touche au coeur même de la démocratie camerounaise : restaurer la confiance citoyenne, garantir l'indépendance de la justice électorale et montrer au monde que la victoire peut se jouer sur la base du suffrage exprimé, et non sur la loyauté au pouvoir en place.

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