Ile Maurice: La colère monte dans les «daycare centres» soutenus par la NSIF

Les jours passent et l'attente devient insoutenable pour des centaines de travailleurs sociaux opérant dans les organisations non gouvernementales (ONG), principalement dans les Daycare Centres. Ces structures, majoritairement financées par la National Social Inclusion Foundation (NSIF), n'ont toujours pas reçu leur budget pour l'année 2025-26. Une situation alarmante alors que les salaires du mois de juillet n'ont pas été versés, plongeant de nombreuses familles dans une précarité brutale.

«Ces employés ne touchent, pour la majorité, que lesalaire minimum et n'ont aucune réserve pour faire face à un tel vide», alerte Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP). Le syndicat, qui regroupe une large majorité de ces employés, tire la sonnette d'alarme : au-delà de la dimension financière, c'est tout un pilier de l'accompagnement social et éducatif des jeunes vulnérables qui vacille.

Les Daycare Centres concernés accueillent principalement de jeunes adultes en situation de handicap, âgés de plus de 20 ans, pour lesquels une prise en charge scolaire n'est plus possible via les écoles spécialisées gérées par les Special Educational Needs Societies (SENS). «Ces jeunes ne peuvent plus être admis dans les établissements scolaires spécialisés. Les Daycare Centres sont donc les seules structures adaptées pour leur offrir un cadre, une stabilité, une attention quotidienne», explique Reeaz Chuttoo.

Mais aujourd'hui, ces travailleurs dévoués - souvent des aides-soignants, des éducateurs ou encore du personnel de soutien - se retrouvent à bout : impayés, désabusés, mais liés moralement à leurs bénéficiaires. «Ils songent à faire grève. Mais ils pensent d'abord à ces jeunes. Ils ne veulent pas les abandonner. Ce dilemme est profondément injuste.»

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Silence du ministère et attente insupportable

Pour la CTSP, cette situation soulève une grave interrogation sur la gestion administrative post-électorale. «Dix mois après les élections générales, des secteurs essentiels restent paralysés, sans directive claire, sans réactivité. Le ministre concerné est pleinement informé de cette affaire. Nous avons déclaré les litigescomme il se doit et alerté le ministère du Travail, mais nous restons dans l'attente d'un signal fort.» Une première réunion de conciliation est prévue le 13 août, mais pour beaucoup, l'urgence est maintenant. Nous avons sollicité le ministère de la Sécurité sociale et sommes toujours en attente d'une réponse.

Au Parlement, en mai, il avait été dit que, selon les données transmises par la NSIF, Rs 3,4 milliards avaient été redistribuées à des ONG au cours des cinq dernières années. Pour l'année en cours, Rs 768 millions ont été versées à ces organisations jusqu'à fin mars 2025.

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