Le Nigeria a réaffirmé son refus catégorique d'accueillir des personnes expulsées des États-Unis, même sous forte pression diplomatique. Cette position ferme, exprimée par Kimiebi Ebienfa, porte-parole de la diplomatie nigériane, marque une divergence nette avec des pays comme le Rwanda, l'Eswatini ou le Soudan du Sud, qui ont accepté récemment d'héberger des ressortissants étrangers expulsés du territoire américain.
Le ministre des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a dénoncé une politique jugée « inacceptable » de Washington, visant à transférer vers des pays tiers, notamment africains, des individus n'ayant aucun lien avec eux, y compris des Vénézuéliens sortants de prison. Selon lui, avec une population dépassant les 230 millions d'habitants, le Nigeria est déjà confronté à des défis socio-économiques majeurs et ne peut assumer de nouvelles charges imposées par des décisions unilatérales étrangères.
Ce bras de fer diplomatique intervient alors que les États-Unis renforcent leur stratégie d'expulsion vers des destinations alternatives, parfois situées à des milliers de kilomètres des pays d'origine des expulsés. Pour Abuja, céder à cette injonction reviendrait à fragiliser davantage ses propres équilibres internes, déjà mis à l'épreuve par l'insécurité, la pression démographique et les tensions économiques.
La fermeté nigériane envoie également un signal politique clair : l'Afrique ne doit pas être perçue comme une solution par défaut aux politiques migratoires restrictives des pays occidentaux. Cette prise de position pourrait inspirer d'autres nations du continent à adopter une approche plus souveraine dans la gestion de leur diplomatie migratoire, tout en renforçant le débat sur l'équité et la responsabilité dans les relations internationales.
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