Le traitement différencié réservé aux dossiers Cabral Libii et Hilaire Nzipan par le Conseil constitutionnel soulève de sérieuses interrogations sur l'impartialité de l'institution.
Robert Kona avait introduit une requête visant à annuler la candidature de Cabral Libii. Cette initiative a été rejetée par les membres Minkoa She et Clément Atangana, au motif que Kona n'avait ni qualité ni intérêt à agir. Selon eux, même en cas d'éviction de Cabral Libii, il ne pouvait pas le remplacer, rendant sa démarche irrecevable.
En revanche, une situation presque identique a donné lieu à une décision opposée. Dame Moullende, sans qualité juridique ni possibilité de se présenter, a réussi à obtenir l'invalidation de la candidature d'Hilaire Nzipan, militant du MP depuis plus de trois décennies, pourtant validée par ELECAM. Cette incohérence juridique alimente les critiques selon lesquelles le Conseil constitutionnel pratiquerait une justice à géométrie variable.
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Pour les observateurs, le Conseil constitutionnel n'a pas simplement dit le droit dans le cas Cabral Libii. Il a surtout montré qu'il pouvait, selon les circonstances et les enjeux politiques, adapter ses décisions. Cette lecture fragilise la confiance des électeurs dans la transparence des élections et pose la question de l'indépendance réelle de cette institution clé du processus électoral camerounais. Dans un contexte où la crédibilité des scrutins est déjà contestée, ces contradictions nourrissent l'idée que les arbitrages sont moins guidés par la légalité que par des considérations politiques.