Tunisie: Traité international sur la pollution plastique - Les délégués sont loin d'un terrain d'entente sur la production des plastiques

Tunis — Les délégués de 184 États membres de l'ONU, en conclave, au Palais des Nations à Genève, du 5 au 14 août 2025, en vue d'aboutir à un traité mondial pour lutter contre la pollution plastique, sont loin d'arriver à un consensus sur la réduction de la production primaire du plastique, selon des rapports quotidiens du Earth negociations Bulletin (ENB) de l'Institut International pour le Développement Durable, une organisation de recherche partenaire de l'ONU.

Le premier bloc de négociateurs, représente des pays pétroliers, producteurs de polymers (Arabie saoudite, Russie, Iran, Malaisie..) est contre un traité international contraignant qui limite la production du plastique et interdit l'ajout d'additifs chimiques dangereux pour l'environnement et la santé.

Le deuxième bloc, quant à lui, représente des pays plus soucieux de l'impact des plastiques sur les écosystèmes et la santé humaine. Il désire que le traité comporte des des mesures pour réguler la production et freiner les dégâts liés au plastique, dont la production devrait tripler d'ici 2060; selon les projections de l'OCDE.

Deuxième partie de la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation chargé d'élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin.

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La session de négociations intergouvernementales de dix jours en cours actuellement à Genève est baptisée "INC5-2". Elle intervient après l'échec des négociations de Busan en Corée du sud en décembre 2024. Les négociations portent, selon la même source, sur des sujets allant de la conception et la production du plastique à partir d'hydrocarbures, jusqu'à la gestion des déchets, en passant par le financement des collectes de déchets dans les pays en développement.

La consommation de plastique va tripler d'ici 2060, selon les projections de l'OCDE et cela va entrainer une hausse de 50% de la production des déchets plastiques. Cette production est estimée actuellement à 460 millions de tonnes chaque année, dont moins de 10% sont recyclés.

Selon le conseiller auprès du WWF, Eirik Lindebjerg, cité dans les rapports quotidiens des négociations du ENB « La seule solution possible pour finaliser un texte dans les temps impartis est de recourir à un vote ». Sans quoi « nous risquons d'avoir un traité vide, sans règle globale contraignante, ni interdictions », a-t-il insisté.

"Les plastiques sont omniprésents dans nos sociétés et dans l'environnement. Nous ne pouvons éviter de les utiliser, ni d'y être exposés. Aujourd'hui, la pollution plastique est rapidement devenue l'une des menaces environnementales les plus pressantes pour les populations et la planète", estime l'IPEN (International Pollutants Elimination Network), réseau mondial d'organisations d'intérêt public qui oeuvre à l'amélioration des politiques en matière de produits chimiques. Enregistré en Suède, ce réseau, auquel une ONG tunisienne est partenaire, sensibilise le public afin de garantir que les substances dangereuses ne soient plus produites, utilisées ou éliminées d'une manière préjudiciable à la santé humaine et à l'environnement.

A travers des recherches, le réseau a constaté que des substances chimiques contenues dans les plastiques sont associées au cancer, aux retards de développement, aux problèmes de santé reproductive, et bien d'autres. "Avec l'augmentation de la production de plastique, nous sommes confrontés à des risques irréversibles pour notre santé et la planète".

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