Cameroun: Présidentielle - Un collectif d'avocats dénonce des arrestations arbitraires

Au Cameroun, une semaine après les audiences au Conseil constitutionnel à Yaoundé sur les recours sur les validations et invalidations de certaines candidatures à la présidentielle d'octobre, des citoyens sont en garde à vue. Des arrestations et des détentions « illégales et arbitraires » selon l'avocat Hippolyte Meli, coordinateur du Collectif d'avocats Sylvain Souop.

Selon le préfet du Mfoundi, ils sont 29 (hommes et femmes) à avoir été arrêtés le lundi 04 août et placés en garde à vue pour quinze jours, et « susceptibles d'être poursuivis pour troubles à l'ordre public ; attroupement ; rébellion et incitation à la révolte ». Selon l'avocat Hippolyte Meli, du Collectif d'avocats Sylvain Souop, joint par Amélie Tulet de la rédaction Afrique, les arrestations sont plus nombreuses que ce qu'indique le préfet et elles ont eu lieu dans la rue, devant le Palais des Congrès où siégeait le Conseil constitutionnel du Cameroun, mais aussi dans des restaurants et débits de boissons.

« Il y a des gens qui ont été arrêtés dans les restaurants pendant qu'ils mangeaient... des gens qui ont été arrêtés dans des débits de boissons et même dans les supermarchés ! Ça s'est poursuivi jusqu'à samedi matin. Nous avons appris qu'il y a des personnes qui ont été enlevées la nuit au prétexte qu'on les a vues à l'audience du Conseil constitutionnel.

Il y a environ 54 personnes qui sont placées en garde à vue. Je précise que les gardes à vue n'ont pas été notifiées aux intéressés. (Pour nous) l'arrêté de garde à vue administrative qui a été signé par Monsieur le préfet, c'est un arrêté illégal, la garde à vue administratif est réservée à la lutte contre le grand banditisme !

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Cela doit être très clair : il s'agit d'arrestations et de détentions arbitraires.

Si on avait des motifs (pour les arrêter) on devait les conduire immédiatement devant un magistrat ou un juge, ce qui n'est pas le cas. Lorsqu'on procède à des arrestations, ça veut dire qu'on a la preuve. On n'arrête pas les gens avant de chercher les preuves... Nous sommes dans une zone de non-droit. C'est arbitrairement qu'ils ont été arrêtés et c'est toujours arbitrairement qu'ils sont détenus. »

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