Afrique: Le mouvement thiaroye 44 des tirailleurs sénégalais saisit l'assemblée nationale pour exiger réparations

Le Mouvement Thiaroye 44, qui regroupe les descendants des tirailleurs sénégalais massacrés par l'armée coloniale française en décembre 1944, a franchi une nouvelle étape dans son combat pour la justice.

L'organisation a officiellement transmis à l'Assemblée nationale du Sénégal une requête exigeant que la France soit tenue pour responsable de ce crime et qu'elle verse des compensations financières aux familles des victimes.

« Ce crime n'a jamais été véritablement condamné. Il est temps que l'État français réponde de ses actes et que justice soit rendue aux descendants des tirailleurs », peut-on lire dans le communiqué adressé aux autorités.

En novembre 1944, des soldats africains revenus victorieux du front européen de la Seconde Guerre mondiale ont été rassemblés à Thiaroye, près de Dakar. Malgré les promesses, leurs soldes n'a pas été versée dans son intégralité. Lorsque les tirailleurs ont protesté, l'armée française a ouvert le feu, tuant plusieurs dizaines de personnes -- certains historiens parlent de plus de 350 victimes -- dans ce qui est resté dans l'histoire comme l'un des massacres les plus sombres de l'histoire coloniale de la France.

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Le 26 juillet 2025, à la Place du Souvenir Africain de Dakar, le Mouvement Thiaroye 44 a participé à une table ronde panafricaine dédiée aux réparations et à la justice mémorielle. À cette occasion, Babacar Dioh, représentant du mouvement, a rappelé que « l'heure des réparations a sonné » et que son organisation prépare un dossier juridique solide pour appuyer cette demande auprès de l'État français.

Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte où 2025 a été déclarée « année des réparations » par l'Union africaine. De Dakar à Bamako, les voix panafricanistes s'unissent pour exiger non seulement la reconnaissance de ces crimes, mais aussi des réparations concrètes. « Le gouvernement du Sénégal doit fondamentalement exiger à l'État français de verser des dommages et intérêts », a insisté Souleymane Diallo, figure du panafricanisme au Sénégal.

Parallèlement, les fouilles archéologiques annoncées en février par le Premier ministre Ousmane Sonko ont débuté à Thiaroye. Menées sur le cimetière militaire et l'ancien camp, elles visent à localiser d'éventuelles fosses communes afin d'établir le nombre réel de victimes, bien supérieur au chiffre officiel de 35 morts. Ces investigations sont perçues comme un pas décisif pour appuyer juridiquement les demandes de réparations.

Pour les militants panafricanistes, la reconnaissance du massacre de Thiaroye comme crime contre l'humanité n'est pas seulement un devoir de mémoire. Elle doit déboucher sur une réparation intégrale, financière et symbolique, et sur une redéfinition des relations économiques, militaires et diplomatiques avec la France.

L'Assemblée nationale sénégalaise est désormais appelée à prendre position sur cette plainte officielle. Les descendants des tirailleurs, eux, préviennent que la lutte ne s'arrêtera pas tant que justice n'aura pas été rendue et que la France n'aura pas répondu de ce crime colonial.

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