Tunisie: Education - De l'utilité d'une «révolution corrective»

12 Août 2025

La question de l'éducation, et plus particulièrement sa performance, se présente, constamment, comme un objectif national stratégique. C'est donc tout à fait naturel que le Chef de l'Etat revienne, à chaque fois, à la charge pour, d'une part, recommander de nouvelles démarches, revoir certaines dispositions ou encore diagnostiquer pour mieux réorienter et, de l'autre, évaluer certains programmes, surtout ceux qui sont en difficulté de concrétisation.

C'est le cas du Conseil supérieur de l'éducation, décidé depuis quelque temps, mais qui tarde toujours à se mettre concrètement en place. Pourtant, une telle structure semble indispensable à un secteur en souffrance, en manque de fiabilité et qui fait l'objet de turbulences diverses, faute d'harmonisation, d'objectivité et même à cause de conflits d'intérêts.

Le Conseil se propose, en effet, de revoir, en profondeur, le système éducatif national, de revaloriser les programmes dispensés, de lui associer, en permanence, une gestion moderne et de le soumette à des approches scientifiques et innovantes, conformes aux standards internationaux.

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En plus clair, le lancement du Conseil traduit une exigence urgente de réformer le système éducatif et de le réinventer totalement pour élargir son efficacité, l'adapter davantage au marché économique et l'aider à satisfaire les besoins du pays en compétences.

Mais ce qui est encore plus important, c'est que cette nouvelle structure ambitionne, comme on l'a déjà soulevé, d'élargir le potentiel de nos élèves et de les engager non pas dans une logique de simple apprentissage uniquement, mais de compréhension, de responsabilisation et de sensibilisation aux enjeux stratégiques du pays. Des éléments de motivation et d'implication.

On reconnaît, justement, qu'on assiste, depuis quelque temps, à un assèchement de compétences significatif, à un niveau de décrochage précoce préoccupant et à un désengagement de plus en plus préoccupant, ce qui a fini par pénaliser sérieusement notre paysage socioéconomique. D'où l'urgence d'une réaction profonde.

Et cela donne aux recommandations du Président de la République toute leur dimension, dans la mesure où il a réaffirmé, lors d'une réunion tenue le 4 août dernier, que «la réforme du système éducatif est un chantier fondamental dans la lutte pour la libération nationale». Et partant, «aucune erreur ne serait permise dans ce projet civilisationnel, car les conséquences seraient, à la fois, lourdes et irréparables».

Il s'agit là d'une nette volonté d'en finir, définitivement avec les défaillances du passé et de se soumettre ainsi «à une véritable révolution corrective».

Toutefois, pour relever cet enjeu fondamental et, du coup, garantir sa durabilité et sa globalité, il est nécessaire que la réforme du système éducatif ne se limite pas aux élèves, mais elle gagnerait beaucoup plus en efficacité en impliquant également les éducateurs et les formateurs eux-mêmes. Surtout qu'une bonne partie de ce corps semble, malheureusement, en manque de motivation, d'engagement même, peu consciente des enjeux aussi bien actuels que futurs.

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