Libye: Avec le Benghazi Summer Festival, le clan Haftar veut redorer l'image de la ville de l'Est

Depuis le début du mois d'août, la deuxième ville de Libye et berceau de la révolution de 2011 accueille pour sa deuxième édition son « Summer Festival. Benghazi ». Ce sont quinze jours d'évènements sportifs et culturels, soit une manière de redorer l'image de cette ville dévastée par une décennie de guerre et contrôlée par le clan Haftar.

C'est l'une des grandes têtes d'affiche du festival : après Ronaldinho, Mike Tyson est l'invité spécial de l'édition 2025. Des superstars sont affichées dans des lieux flambant neufs sur les réseaux sociaux : on confondrait presque Benghazi avec Dubaï.

« Il y a le côté vitrine. Ce n'est pas parce que vous avez un TikTok réussi que toute la ville est, d'un seul coup, débarrassée des phénomènes de pauvreté ou de trafic de drogue, nuance Jalel Archaoui, spécialiste de la Libye et chercheur au Royal United Institute de Londres, joint par Noa Perret, de la rédaction Afrique. Il y a un Benghazi qui est tout pimpant, avec beaucoup de néons très jolis, très impressionnants, mais vide, parce que la population est quand même pauvre. »

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Selon les chiffres de l'université de Misrata, un tiers des Libyens vit sous le seuil de pauvreté. Pourtant, cet évènement est bien financé par la population. « Les gens ont compris que ce n'est pas de la richesse magique, poursuit Jalel Archaoui. C'est leur richesse qui est utilisée pour des dossiers qui ne sont pas urgents : construire un stade, ce n'est pas urgent, je suis désolé. Mais il y a aussi l'argument qui consiste à dire, finalement, c'est mieux que rien parce qu'ils auraient pu aussi voler tout l'argent et ne pas faire tout cela. »

À travers cet évènement, c'est l'image d'une ville reconstruite que la famille Haftar renvoie à Tripoli : « Donc là, l'idée, c'est de dire "nous savons mieux faire du business, nous savons mieux prendre soin de nos jeunes de nos citoyens, de nos familles et dommage que Tripoli nous échappe. Nous, famille Haftar, nous devrions être responsables de l'ensemble de la Libye" », analyse Jalel Archaoui.

Et c'est justement ce qu'ils entendent faire : le fonds de reconstruction de 13 milliards d'euros dirigé par Belkacem Haftar est à vocation nationale et non régionale.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.