Afrique: L'impératif mis en exergue par l'OCDE et la BAD - Accroître les financements et l'investissement en faveur de l'adaptation au changement climatique

Mobiliser davantage d'investissements pour renforcer la résilience face à la hausse des températures et à l'intensification rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Tel est le défi auquel tous les pays sont aujourd'hui confrontés.

Comme le souligne un récent rapport intitulé « Accroître les financements et l'investissement en faveur de l'adaptation au changement climatique est devenu un impératif », l'accélération de ces investissements constitue une composante cruciale des efforts plus généraux nécessaires pour accroître la résilience.

Selon le document élaboré par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), la situation demeure préoccupante.

En 2024, les températures moyennes mondiales ont temporairement dépassé le seuil de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Une évolution bien plus qu'inquiétante d'autant plus que « l'augmentation rapide des pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes a des conséquences profondes sur les plans social et économique », rappellent les auteurs dudit rapport.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Citant des données de la Banque mondiale (2024[1]), le rapport indique qu'environ 1.2 milliard de personnes sont exposées à un risque élevé de pâtir d'évolutions et d'événements extrêmes liés au climat, tels que les vagues de chaleur, les inondations ou les sécheresses.

Pour l'OCDE et la BAD, ce risque touchera de manière disproportionnée les communautés vulnérables : jusqu'à 132 millions de personnes risquent de basculer dans l'extrême pauvreté en raison de l'évolution des régimes météorologiques d'ici à 2030 (Jafino et al., 2020[2]).

Malgré la gravité de la situation, les apports de financements consacrés à l'adaptation sont entravés par plusieurs obstacles et contraintes interdépendants, souligne le rapport, préparé en contribution aux travaux du Groupe de travail sur la finance durable dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20 de 2025.

L'immédiateté du coût de l'investissement constitue l'une des principales difficultés sous-jacentes. Parmi les autres obstacles qui présentent des difficultés particulières pour les pays en développement, on peut citer les défis macroéconomiques, notamment une marge de manoeuvre budgétaire limitée, le coût élevé du capital et les niveaux d'endettement existants.

Le manque de données appropriées et de capacités permettant d'évaluer, de comprendre et de gérer les risques physiques liés au changement climatique ainsi que le manque d'accès à des outils adaptés de gestion des risques qui encouragent les investissements dans la réduction des risques climatiques, comme l'assurance et la réassurance, ainsi qu'une offre insuffisante dans ce domaine, entravent également la mobilisation des flux financiers.

A tous ces obstacles s'ajoutent : l'insuffisance de la coordination et les carences des cadres institutionnels au niveau national, qui font obstacle aux apports de financements publics et privés ; les difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement pour avoir accès aux financements concessionnels internationaux, notamment les obstacles institutionnels et le manque de coordination sans oublier le fait que nombre d'investissements dans l'adaptation ne génèrent pas de flux financiers directs.

Intégrer les considérations climatiques dans les processus et outils budgétaires

Ledit rapport met en lumière également les obstacles à l'investissement public national en faveur de l'adaptation, alors que les finances publiques nationales constituent une source essentielle.

Dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une fragmentation institutionnelle et des demandes concurrentes de ressources publiques, « les carences des systèmes de gestion des finances publiques entravent l'investissement public dans l'adaptation », constatent l'OCDE et la BAD.

Selon le rapport, très peu de pays disposent d'une vision globale de l'impact de la hausse des températures et des phénomènes extrêmes sur leurs besoins et leurs dotations budgétaires.

Autre observation relevée par les auteurs du rapport : les bénéfices de l'investissement dans l'adaptation présentent souvent des caractéristiques non marchandes qui peuvent ne pas être prises en compte par les outils qu'utilisent les pouvoirs publics, comme l'analyse coûts-avantages.

D'après ces derniers, les spécifications et les critères d'évaluation utilisés dans les processus de passation des marchés peuvent dissuader d'investir dans l'adaptation s'ils empêchent le recours à d'autres solutions.

Autre problème relevé : les flux de financement public national à l'appui de l'adaptation ne sont guère transparents.

S'il existe des raisons économiques et financières évidentes d'investir dans l'adaptation, le sentiment que les rendements sont faibles nuit à l'investissement privé (Tall et al. 2021[3]).

Mais pour l'OCDE, la déconnexion entre les rendements sociaux élevés de l'investissement et les faibles rendements de marché s'explique principalement par un ensemble d'obstacles sous-jacents (OCDE, 2024[4]). Lesquels incluent notamment les externalités et les décalages, les risques perçus, le moment de la concrétisation des rendements, l'accès au crédit et aux instruments financiers, ainsi que la stabilité de la réglementation et la confiance des investisseurs.

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.