En Centrafrique, après plusieurs décennies de tracas liés à la dégradation de l'axe reliant les villes de Sibut et de Kaga Bandoro, les travaux de réhabilitation de ce tronçon de 155 km sont achevés après 18 mois.
Si cette réalisation favorise la relance économique, la libre circulation des biens et des personnes, certains habitants de la région s'inquiètent des impacts environnementaux. En effet, plusieurs dizaines de carrières ont été ouvertes dans l'optique de récolter de la latérite, l'une des matières indispensables pour la construction de cette route. Plusieurs carrières sont refermées conformément aux normes, mais il en reste d'autres qui pourraient avec le temps avoir des impacts négatifs sur l'environnement.
En Centrafrique, au fond d'une carrière à ciel ouvert, un groupe de jeunes extrait de la latérite et des pierres sur un terrain accidenté, sans arbre, défiguré par des trous. Couvert de poussière et armé d'une masse, Caleb Bagaza est en train de briser des blocs de rocher. « La plupart des carrières ont été réhabilitées et fermées. Mais il en reste encore quelques-unes comme celle-là. Jeunes désoeuvrés, nous sommes obligés de venir extraire de la latérite et des pierres pour les revendre ».
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Au village de Oubi à 3 km de Kaga-Bandoro, certains habitants ont constaté les conséquences liées à l'abandon des carrières. Achille Karawa est l'un d'entre eux. « Les carrières abandonnées ont causé plusieurs déséquilibres dans les milieux naturels. Il n'y a plus d'arbres et le sol n'est plus arable. Le paysage est défiguré, rendant la chasse et la pêche difficile ».
L'aspect environnemental du chantier
Financée par la banque mondiale à hauteur d'un milliard huit cents millions de Francs CFA, le projet de route Sibut - Kaga Bandoro prend également en compte l'aspect environnemental, selon Clément Inguissa, directeur général des études au ministère des Travaux publics. « Nous sommes conscients de perturbations liées aux changements climatiques. La dimension environnementale a été prise en compte non seulement pendant les études, mais aussi afin de sensibiliser la population sur les bonnes pratiques non polluantes et la préservation de l'écosystème. Au niveau du ministère, il existe une direction qui est chargée de la protection de l'environnement. Les membres de l'équipe qui s'occupe de cette question ont vu comment ces carrières ont été réhabilitées, mais aussi fermées conformément aux dispositions de sauvegarde ».
Pour la société civile en charge de la protection de l'environnement, de telles pratiques vont accélérer le changement climatique déjà visible dans le pays. Elle demande la fermeture des carrières encore opérationnelles.