Cameroun: Présidentielle - Un avocat dénonce «une situation de non-droit» 10 jours après des arrestations

Au Cameroun, 10 jours après une audience du Conseil constitutionnel portant sur la présidentielle du 12 octobre 2025, une vingtaine de personnes sont toujours en détention, gardées à vue, selon le collectif d'avocats Sylvain Souop. « Il y a environ 54 personnes qui ont été placées en garde à vue », assurait quelques jours plus tôt à RFI Maître Hippolyte Meli . Ce vendredi, il affirme qu' « il y a des malades parmi ces personnes » et s'inquiète de leur sort.

Au Cameroun, sur les 54 interpellations recensées par le Collectif d'avocats Sylvain Souop en début de semaine dernière à l'occasion de l'audience publique au Conseil constitutionnel sur le contentieux pré-électoral, une vingtaine de personnes sont toujours en détention, gardées à vue. Des citoyens interpellés dans la rue, dans des restaurants ou commerces, selon l'avocat Maître Hippolyte Meli.

Parmi les gardés à vue, un militant du mouvement Stand Up for Cameroon et des militants du parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Maître Meli appelle, au nom du collectif Sylvain Souop, les autorités compétentes à clarifier la situation de ces personnes gardées à vue depuis dix jours et à assister les détenus tombés malades.

« Ça devient inquiétant »

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« Nous sommes dans une situation complètement floue, je dirais même de non-droit, parce que les gardes à vue administratives ont été levées et notifiées aux personnes qui faisaient l'objet de cette mesure. Mais elles n'ont pas été toutes libérées et il y a encore des personnes qui se retrouvent en détention. Il y a des malades parmi ces personnes, des gens qui ont la diarrhée et qui ne sont pas soignées », assure-t-il au micro d'Amélie Tulet.

« Nous avons deux cas dont nous sommes sans nouvelles : il s'agit d'un commerçant qui a été enlevé et conduit aux Forces de sécurité militaires et l'autre au commissariat de Mokolo [un quartier de Yaoundé, NDLR]. Les deux sont inaccessibles. Les familles se plaignent. Nos messageries sont inondées. Et, lorsque des avocats y vont, on leur oppose une fin de non-recevoir en leur répliquant que ces personnes ne sont pas là-bas. Donc, ça, ça devient inquiétant », conclut-il.

Pour rappel, le Conseil constitutionnel du Cameroun avait définitivement rejeté le 5 août la candidature à l'élection présidentielle du 12 octobre de Maurice Kamto, principal opposant au président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans et qui a annoncé briguer un huitième mandat. Le Conseil avait, en revanche, validé les candidatures de deux autres opposants historiques, Cabral Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), et Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF). Au total douze candidats brigueront la magistrature suprême.

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