À quelques mois de la présidentielle, le Cameroun est plongé dans une zone d'ombre politique. Officiellement, le RDPC a pour candidat Paul Biya. Pourtant, depuis l'annonce de sa candidature, le chef de l'État ne s'est pas adressé directement aux Camerounais, n'a pas mené de rencontre publique, et n'a même pas déposé son dossier à ELECAM en personne. Cette absence alimente de vives spéculations dans l'opinion publique, renforcées par l'image d'un président vieillissant, aperçu désorienté en 2022 lors du sommet USA-Africa.
Dans les coulisses du pouvoir, un autre nom retient l'attention : Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, figure omniprésente dans les affaires de l'État. Les visites officielles, les audiences stratégiques et les décisions majeures semblent désormais passer par lui. Pour certains observateurs, il incarne de facto l'exercice du pouvoir, alors même que Paul Biya reste, sur le papier, l'homme fort du pays.
Cette situation alimente une perception de « photocratie », un régime où la photo du président remplace sa présence physique, laissant place aux interrogations sur la véritable nature de l'autorité à Etoudi. Dans un contexte où la jeunesse réclame plus de transparence et d'engagement, le flou entretenu autour de la figure présidentielle devient un enjeu stratégique pour les opposants comme pour le parti au pouvoir.
Si Paul Biya reste officiellement le candidat, la réalité du terrain pourrait être bien différente. Le RDPC devra clarifier sa communication pour éviter que la campagne ne se transforme en un débat sur l'identité réelle de celui qui gouverne. En attendant, les réseaux sociaux, radios et plateaux télévisés s'embrasent autour d'une question centrale : le peuple camerounais votera-t-il pour un homme invisible ou pour l'ombre qui agit à sa place ?
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