À Dakar, les grosses chaleurs et les grandes vacances attirent des foules entières sur les plages de la capitale et de sa banlieue. Mais, entre les forts courants et le fait que beaucoup ne savent pas nager, les noyades se multiplient : 28 décès de plus ont été enregistrés dans le pays au premier semestre 2025 par rapport à la même période l'an dernier. Certaines plages sont surveillées, mais d'autres, interdites à la baignade ne le sont pas. À Malika, l'une des plus fréquentées, des bénévoles s'organisent pour protéger les baigneurs.
Mamadou Sarr et ses amis ont eu un déclic en 2021, après un drame : onze jeunes se sont noyés collectivement à Malika. Un choc pour la communauté. Depuis, ils ont décidé de prendre les choses en main et de devenir maîtres-nageurs bénévoles. Chaque été, ils patrouillent jour et nuit le long des neuf kilomètres de plage, pour aller à la rencontre des baigneurs. Les dangers sont nombreux : forts courants, et surtout des baïnes, ces trous d'eau difficiles à repérer : « Le danger de la plage, c'est ça. Les gens ne connaissent pas la plage. Ils voient les jeunes calmes. Ils croient que c'est bon pour se pour baigner. Mais là, c'est faux. Il y avait du courant. »
Impossible de faire respecter l'interdiction
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
En théorie, Malika n'est pas autorisée à la baignade, mais sur le terrain, impossible de faire respecter cette interdiction. Moustapha Camara est le secrétaire général des maîtres-nageurs de Malika plage : « Si tu peux dire à un enfant de la banlieue d'aller en ville, ça cause un problème parce qu'il n'aura pas de transport pour y aller là-bas. Et si c'est plus près, donc il va venir ici. Il faut de la surveillance. S'il n'y a pas de surveillance, il y aura des noyades. »
Une trentaine de bénévoles
Aujourd'hui, l'équipe compte une trentaine de bénévoles, dont la moitié ont suivi une formation de maîtres-nageurs. Ils demandent un soutien concret des autorités : « On n'a pas de matériel de sauvetage. On fait du sauvetage comme ça, à mains nues. On demande du soutien, de nous prendre en charge parce qu'on n'a pas de salaire, donc c'est un peu difficile ». Depuis janvier, plus de 100 victimes de noyade ont déjà été recensées au Sénégal.