Depuis la fermeture de l'ambassade de Belgique au Rwanda en mars 2025, les demandes de visa pour l'Europe doivent se faire à Nairobi pour les Rwandais. Un procédé long et coûteux qui complique largement ces démarches.
C'est sans doute l'une des conséquences les plus visibles de la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique, décidée par le gouvernement rwandais en mars dernier. Depuis la fermeture de l'ambassade belge, qui gérait et centralisait les demandes de visas à Kigali pour tous les pays européens de l'espace Schengen - à l'exception de celles pour la France - les Rwandais doivent voyager jusqu'à Nairobi au Kenya pour déposer leurs demandes de visas vers l'Europe.
« On ne sait pas si on doit espérer obtenir ce visa, malgré tout l'argent qu'on a payé »
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Étudiant enregistré pour des cours en Allemagne en septembre, Ernest Bayisabe attend une réponse à sa demande de visa, déposée au début du mois dans la capitale kényane : « C'était compliqué et on a dépensé beaucoup d'argent, rien que le vol coûtait 480 euros. Et puis on ne sait pas si on doit espérer obtenir ce visa, malgré tout l'argent qu'on a payé », explique-t-il. La procédure est devenue plus longue et difficile d'accès qu'avant la fermeture de l'ambassade. Les délais se retrouvent rallongés et impactent les engagements en Europe de certains, comme pour Jules Munyaneza. Ce travailleur bénéficiait d' « une offre d'emploi, mais avec les retards de procédure, je suis arrivé trop tard en Allemagne pour mon poste. Alors maintenant, je prends des cours d'allemand pour trouver un autre travail », glisse-t-il.
Certains hommes d'affaires allemands ont interpellé en juillet leur gouvernement pour pousser les pays européens à ouvrir un nouveau centre de visas Schengen à Kigali. C'est le cas de Christian Knoop, directeur d'une entreprise basée entre Francfort et le Rwanda. « Nous avons voulu dans une lettre mettre une pression sur notre ministère des Affaires étrangères, livre le patron. Nous avons fait de Kigali le centre stratégique de nos services délocalisés, et si ce problème n'est pas résolu rapidement, cela va impacter nos activités et les activités de plusieurs autres entreprises européennes qui travaillent ici. » Selon l'homme d'affaires, presque toutes les visites de travail de ses employés rwandais à leurs clients européens ont pour l'instant été mises en pause face à la difficulté d'obtention des visas Schengen.