Sénégal: Les députés examinent un projet de loi pour protéger les lanceurs d'alerte

Les députés sénégalais sont convoqués en séance plénière extraordinaire, lundi 18 août. Ils examinent quatre projets de loi, notamment un concernant la création de l'Office national de lutte contre la corruption et un autre, très attendu, sur le statut et la protection des lanceurs d'alerte. Une demande de longue date de la société civile dans le pays.

Dès leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités sénégalaises avaient annoncé vouloir légiférer sur le sujet. Le texte prévoit de protéger les personnes qui, dans le cadre de leur emploi, signalent un danger ou une pratique illicite pour l'intérêt général. Jimmy Kande, directeur Afrique de l'ouest et francophone de la plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique, salue ce projet mais regrette son champ d'application. « Les lanceurs d'alerte semblent être limités sur les questions de corruption et d'infractions économiques, alors que le champ d'action devrait normalement être beaucoup plus large, sur des questions environnementales, de santé ou de droits humains. Et ce afin que nous puissions avoir des lanceurs d'alerte qui vont révéler des choses pratiquement dans tous les domaines », explique Jimmy Kande.

Le texte prévoit des canaux de signalement internes aux administrations ainsi que dans les entreprises publiques et privées. En cas d'inaction, le lanceur d'alerte pourrait alors rendre public les informations.

« Un signal fort »

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Si la loi est votée, le Sénégal deviendra le premier pays subsaharien francophone à se doter d'un tel mécanisme. De quoi en inspirer d'autre veut croire Jimmy Kande. « Adopter une loi de protection de lanceur d'alerte est un signal fort. C'est là pour stimuler d'autres pays de la région et d'autres pays francophones à pouvoir se doter de lois qui protègent les lanceurs d'alerte », espère-t-il.

Il espère que les débats à l'Assemblée nationale permettront d'améliorer le texte et son efficacité.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.