Angola: La délinquance n'est pas une protestation

Luanda a assisté, ces dernières heures, à l'un des épisodes les plus honteux et inquiétants de son histoire récente.

Ce qui s'annonçait comme une paralysie légitime des chauffeurs de taxi, convoquée par l'Association nationale des chauffeurs de taxi d'Angola (ANATA), pour protester contre la hausse du prix des carburants, a rapidement dégénéré en un scénario de pur vandalisme, terreur urbaine et atteinte au bien commun.

Il est urgent et nécessaire de séparer clairement le droit à la manifestation pacifique - expression inaliénable de toute société démocratique - de l'action criminelle menée par des individus qui, sans visage ni cause, ont profité du moment pour détruire des biens publics et privés, sans aucune pudeur.

Les images qui ont inondé les réseaux sociaux ces derniers jours ne montrent pas des citoyens exigeant de meilleures conditions sociales : elles montrent des marginaux pillant des commerces, détruisant des magasins, agressant des citoyens innocents, vandalisant des bus et des véhicules privés.

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Les Centralités de KK et de Sequele sont devenues des champs de bataille où règne la peur. Face à cela, il ne peut y avoir d'équivoque : ce qui s'est passé à Luanda n'est pas une protestation - c'est du banditisme.

La fureur aveugle de ceux qui ont défié l'autorité, attaqué les agents de l'ordre public et même tenté d'envahir la prison de Viana pour libérer des criminels n'a aucune légitimité sociale ou politique. Ce sont des actes qui doivent être punis avec la rigueur de la loi.

L'utilisation des réseaux sociaux pour répandre la désinformation, inciter à la haine, appeler au pillage et promouvoir la désobéissance civile révèle un degré d'irresponsabilité inacceptable. La liberté d'expression n'est pas une licence pour le crime.

Mais il est tout aussi grave - et doit être dénoncé avec force - le comportement inqualifiable du politicien portugais André Ventura qui, à travers les réseaux sociaux, s'est permis de commenter, avec arrogance coloniale et opportunisme politique, la réalité interne de l'Angola.

Il s'agit d'un individu connu et reconnu pour ses positions fascistes, racistes, misogynes et ouvertement extrémistes. Un agitateur qui cherche le protagonisme au prix de l'insulte facile, du préjugé, et maintenant, de l'incitation contre un État souverain.

André Ventura ne représente pas le Portugal, ni les valeurs de respect, de coopération et de souveraineté qui régissent les relations entre nos peuples.

Il faut lui rappeler clairement et fermement que l'Angola est un pays libre, indépendant et souverain depuis 50 ans - et qu'il n'acceptera jamais d'être traité comme le terrain idéologique des extrémistes portugais.

L'ingérence dans les affaires intérieures de l'Angola est un acte hostile, un mépris de notre souveraineté et une provocation inadmissible.

Aucune nation digne ne tolère qu'un politicien étranger, au nom d'ambitions personnelles ou d'agendas radicaux, tente de manipuler le sentiment populaire et d'attiser l'instabilité.

Détruire ne sera jamais la solution. Le chemin se construit avec le dialogue, la responsabilité et le travail collectif.

Que la justice agisse avec fermeté. Que les citoyens de bien élèvent la voix. Que les partis politiques montrent, par leurs actes et leurs paroles, qu'ils sont du bon côté de l'histoire.

La délinquance n'a pas sa place dans un Angola qui se veut juste, sûre et prospère pour tous.

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