Madagascar: Affaire Boeing 777 - Une dizaine de personnes placées en garde à vue

L'enquête sur les Boeing 777 immatriculés à Madagascar et ayant atterri en Iran se poursuit. Plus d'une dizaine de personnes, essentiellement des collaborateurs subalternes, restent en garde à vue.

Près de trois semaines après l'arrestation des deux principaux opérateurs impliqués, l'affaire est encore au stade préliminaire. Depuis, les interpellations se multiplient et le nombre de personnes auditionnées ne cesse de croître. À ce jour, plus d'une dizaine d'individus, dont des femmes, seraient toujours retenus pour les besoins de l'enquête.

Selon une source proche du dossier, ni l'ancien ministre des Transports et de la Météorologie, Valéry Ramonjavelo, ni le directeur général de l'Aviation civile de Madagascar (ACM), le colonel Gervais Damasy, ne figurent parmi les personnes interpellées. La majorité des gardés à vue seraient des employés subalternes - secrétaires, stagiaires ou agents d'exécution - travaillant au sein de l'ACM et du ministère. Leur détention se déroulerait dans un lieu sécurisé à Ivato, tandis que les deux principaux suspects, Singh Kushwinder et Rijasoa Andriamananarivo, restent détenus à la Brigade criminelle de la Police nationale à Anosy.

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Cette affaire, qui touche à la fois la sécurité aérienne et la sûreté de l'État, demeure particulièrement sensible. Les autorités n'ont pas communiqué sur les prochaines étapes de l'instruction ni sur une éventuelle transmission du dossier au parquet.

Prudence

Contrairement à d'autres dossiers sensibles - l'affaire Appolo 21, liée à la tentative d'assassinat du président Andry Rajoelina en 2021, ou encore les soupçons d'empoisonnement à Ambohimalaza - aucune information officielle n'a, pour l'heure, été rendue publique.

La présence d'enquêteurs du Federal Bureau of Investigation (FBI) accentue la prudence des autorités et explique en partie la lenteur apparente de l'enquête. Dans ce type de dossier touchant à la sûreté de l'État, les gardes à vue peuvent être prolongées jusqu'à quinze jours et renouvelées, offrant aux enquêteurs une marge de manœuvre étendue pour démêler des ramifications complexes et internationales.

La prolongation des gardes à vue et l'absence de communication officielle reflètent à la fois la sensibilité et la complexité du dossier. Le choix de cibler principalement des collaborateurs subalternes semble indiquer que l'enquête reste dans une phase de collecte d'informations et de vérification des chaînes de responsabilité. La lenteur affichée pourrait également viser à consolider le dossier avant une éventuelle transmission au parquet, afin de limiter tout risque de fuite ou de fragilisation de l'instruction.

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