Burkina Faso: Arrivée dépouille mortelle Alino Faso - Parti simple mortel, revient en martyr

Quelque trois semaines après l'annonce, sur les réseaux sociaux, du procureur de la République de Côte d'Ivoire, Braman Oumar Koné, le mystère reste entier sur les circonstances exactes de la mort d'Alain Christophe Traoré, dit Alino Faso.

En espérant en savoir un peu plus avec les procédures judiciaires enclenchées aussi bien du côté d'Abidjan que de Ouagadougou, c'est en martyr que le célèbre influenceur ivoiro-burkinabè revient au bercail.

En effet, la dépouille d'Alino Faso a atterri dans l'après-midi d'hier lundi 18 août 2025 à l'aéroport international de Ouagadougou (Lire page 4).

Comme il fallait s'y attendre, de nombreux Burkinabè ont tenu à faire le déplacement pour à la fois rendre hommage au défunt et surtout exiger de nouveau des autorités ivoiriennes la vérité et la justice pour celui dont la mort n'en finit pas de susciter moult interrogations.

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La présence d'une délégation gouvernementale, composée des ministres des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, de la Communication, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, de l'Administration territoriale, Émile Zerbo et de celui de la Sécurité, Mahamadou Sana, ainsi que celle des procureurs des tribunaux de grandes instance de Ouaga I et II, en disent suffisamment long sur la nature de cette affaire qui vient mettre davantage à mal les relations entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire.

Arrêté en janvier dernier à Abidjan, où il s'occupait de la gestion de son restaurant, « le Cocorico », Alino Faso sera accusé plus tard « d'intelligence avec des agents d'un Etat étranger de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de la « Côte d'Ivoire ou à ses intérêts économiques essentiels, complot contre l'autorité de l'Etat, diffusion de nouvelles fausses de nature à entraîner une atteinte au moral de la population, rassemblement des renseignements de nature à nuire à la défense nationale dans l'intention de les livrer à un Etat étranger et espionnage ».

Alors qu'on attendait, comme promis par le porte-parole du gouvernement ivoirien, Mamadou Coulibaly, un communiqué du procureur de la République relatif à ces faits présumés, voilà qu'intervint un étrange rebondissement.

Par une annonce du procureur de la République ivoirienne en date du dimanche 27 juillet 2025 dans la soirée, on apprenait, à la stupéfaction générale, le décès brusque de l'accusé.

« Il ressort des conclusions du médecin légiste que monsieur Traoré Alain Christophe s'est pendu à l'aide de son drap de lit, après avoir tenté de s'ouvrir les veines du poignet », indique le parquet ivoirien, avant d'ajouter que la découverte macabre est intervenue depuis « le jeudi 24 juillet 2025 à 7 heures 30 minutes dans une chambre à l'école de la gendarmerie nationale ».

A Ouagadougou, l'incrédulité des premiers instants laisse rapidement place à un concert d'indignation et de désapprobation.

Ton de fermeté du chef de la diplomatie burkinabè qui voit de la part d'Abidjan « beaucoup de mépris, un manque d'égard et de courtoisie pour les autorités et le peuple burkinabè, et ça l'est encore plus pour la famille du défunt qui découvre une nouvelle aussi douloureuse sur les réseaux sociaux ».

Même tonalité dans le communiqué du porte-parole du gouvernement burkinabè, qui pointe du doigt « une disparition assimilable à un assassinat crapuleux », puis « exige des autorités ivoiriennes le rapatriement sans délai du corps de notre compatriote Alain Traoré pour des obsèques dignes et honorables ».

Avec le rapatriement du corps, faut-il croire que le juge d'instruction d'Abidjan, requis pour les enquêtes sur place, a réuni suffisamment d'éléments pour se prononcer sur les circonstances exactes de cette mort qui, à l'évidence, est entourée de nombreuses zones d'ombre ?

Pour sûr, avec l'arrivée de la dépouille à Ouagadougou, où le procureur a ouvert une information judiciaire pour « faits de torture et d'assassinat contre X », s'ouvre une autre procédure.

Les justices ivoirienne et burkinabè pourront-elles, au-delà de l'état des relations entre les deux pays, jouer à fond la carte de la coopération judiciaire en permettant l'échange d'informations, de preuves et en assurant l'exécution des décisions de justice ?

Dans le cas contraire, à laquelle se vouer au cas où les deux aboutiraient à des conclusions différentes ?

Comme on le voit, l'affaire Alino Faso continuera de soulever beaucoup de questions dont les réponses, si on les a, seront loin de s'imposer erga omnes.

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