Comores: À l'Université des Comores, bras-de-fer et incertitudes après deux mois de grève des enseignants

Depuis deux mois, l'Université des Comores vit une grève illimitée des enseignants, réclamant notamment salaires impayés, régularisations de carrière et la mise en oeuvre effective de la nouvelle loi régissant l'enseignement supérieur. Cours et examens sont finis, mais l'année universitaire 2024-2025 reste suspendue : pas de corrections, pas de délibérations, pas de rattrapages. Des milliers d'étudiants attendent leurs résultats, certains voient leurs démarches pour l'étranger bloquées.

Entre dialogue promis par le ministère, accusations de blocage administratif du Syndicat national des enseignants de l'Université des Comores (Sneuc) et inquiétude des étudiants, l'incertitude persiste.

Youssouf Boinaheri est le Secrétaire général du Syndicat national des enseignants de l'Université des Comores (Sneuc). Il dénonce le manque d'implication des autorités dans ce dossier : « Cela fait déjà deux mois que nous sommes en grève. Pendant ces deux mois, une seule rencontre a eu lieu avec le recteur de l'Université, c'est le premier responsable de l'Université. Une seule rencontre avec le ministre. Alors, comment on va interpréter cela ? Nous avons quand même fait preuve d'abnégation dans cette situation : on a enseigné toute l'année, on a constitué les sujets, on a fait des examens, on les a surveillés, on s'est dit : "Bon, on va vivre comme ça jusqu'à quand ?". »

Des étudiants dans l'expectative

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Bacar Mvoulana, ministre de l'Éducation nationale, lui, se veut rassurant : « Nous avons répondu aux quatre questions posées par ceux qui font la grève. Il reste le point crucial, c'est ce qui concerne les arriérés de salaires. L'Université a consommé le budget qui était alloué à son fonctionnement et le ministère des Finances et la Trésorerie publique cherchent les voies et moyens pour pallier ce manque en trouvant ce financement. Actuellement, il manque 456 millions [de francs comoriens, environ 927 000 euros, NDLR] qui n'étaient pas alloués dans le budget de l'Université. »

Reste que, pour les étudiants, le statu quo est difficile. Reçus la veille par le Secrétaire général du ministère de l'Éducation, ils ont été priés de patienter une douzaine de jours. Ils attendent leurs résultats dans une totale incertitude.

La rencontre entre le secrétaire général du ministère de l'Éducation et les étudiants s'est tenue à la gendarmerie. La raison est que leur marche vers le ministère n'avait pas reçu d'autorisation préfectorale, ce qui a conduit les forces de l'ordre à encadrer leur déplacement avant d'organiser la discussion. Selon un des étudiants présents, tout s'est déroulé dans le calme et sans incident, contrairement à certaines rumeurs relayées sur les réseaux sociaux qui évoquaient des arrestations.

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