Tunisie: Une décision, des enseignements

18 Août 2025

A une époque récente, non seulement les responsables syndicaux, même ceux qui avaient la charge d'un syndicat de base dans une entreprise publique ou privée employant une vingtaine ou une trentaine d'ouvriers, bénéficiaient du détachement syndical mais aussi les présidents et les secrétaires généraux des cellules professionnelles relevant du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui disposaient d'un bureau au sein des entreprises où ils exerçaient.

Mieux encore, à un certain moment, à la fin des années 90 du siècle dernier, quand le RCD et le ministère de l'Intérieur ont décidé de faire la compétition en matière de découverte des cellules dormantes d'Ennahdha, les comités de quartier créés à cette période «en vue d'accompagner les efforts de l'Etat dans le domaine de la préservation de l'environnement et des richesses nationales» avaient, eux aussi, demandé à ce que leurs membres ou au moins les présidents aient accès au détachement, à l'instar des syndicalistes de l'Ugtt ou de l'Utap. Quant à ceux de l'Utica, ils ne dépendaient pas de l'Etat. Sauf que ces revendications n'ont pas reçu de réponses positives, le président défunt Ben Ali estimant que le RCD faisait bien l'affaire et qu'on n'avait pas besoin de forces parallèles pour l'assister.

Aujourd'hui, avec la décision de la présidence du gouvernement de mettre un terme définitif au détachement syndical, l'on se trouve face à deux réactions qui se disputent la légitimité et la légalité.

D'abord, ceux qui, du côté syndical, considèrent que la décision de la Cheffe du gouvernement constitue un coup dur, voire une gifle retentissante administrée à l'endroit des membres du bureau exécutif actuel de l'Ugtt et aussi à l'adresse des responsables syndicaux des structures médianes encore fidèles à Noureddine Taboubi, Sami Tahri et Samir Cheffi. Une gifle qui leur rappelle qu'il existe un moment où les dépassements et les infractions à la loi doivent cesser.

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Ensuite, ceux qui applaudissent fort et bruyamment la décision de Mme Zaâfrani, avançant qu'elle intervient trop tard. Mais ils soutiennent : «Rien ne vaut une décision fondée sur la loi même si elle est prise avec un retard que le peuple évalue à sa juste valeur».

Et ces mêmes commentateurs soulignent la dimension historique de la décision et l'audace qui l'a accompagnée puisque plusieurs gouvernements n'ont pas réussi à l'imposer auparavant, même à l'époque du leader Habib Bourguiba.

Reste une autre décision à la source des montants d'adhésion à l'Ugtt pour les ouvriers, les employés et les cadres de l'Etat (qui le demandent, il faut le dire) et le versement de centaines de milliers de dinars collectés au profit des comptes de l'Ugtt.

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