Cote d'Ivoire: Appels à un plan B du PDCI-RDA pour la présidentielle - Le parti de l'Eléphant au bord de l'implosion ?

A mesure que l'on approche de la présidentielle du 25 octobre prochain, le landerneau politique est en pleine ébullition en Côte d'Ivoire. Tous les partis politiques affûtent leurs armes, la plupart d'entre eux ayant déjà désigné leurs candidats respectifs.

C'est le cas par exemple, du Parti démocratique de Côte d'Ivoire Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) dont le porte- étendard, avant même l'entame de la compétition électorale, a été recalé. Tidjane Thiam, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a été radié des listes électorales pour des raisons administratives, rendant incertaine la participation du plus vieux parti à la présidentielle.

Le PDCI-RDA ne peut plus, au stade actuel, trouver un remplaçant à Tidjane Thiam

Du coup, la cohésion au sein du parti a pris un sérieux coup. Car, pendant que les plus irréductibles soutiennent que le PDCI-RDA n'alignera pas un autre candidat en dehors de l'ex-patron de Crédit Suisse, d'autres appellent à la raison et estiment qu'il faut envisager un plan B.

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Pour ces derniers, il n'est pas normal que le parti de l'Eléphant qui fut absent aux scrutins présidentiels de 2015 et de 2020, se donne, pour ainsi dire, le luxe de ne pas participer à la présidentielle qui se profile à l'horizon. Seront-ils entendus ? Rien n'est moins sûr. A preuve, le Secrétaire exécutif du parti, connu pour être un fidèle parmi les lieutenants de Tidjane Thiam, sans aller avec le dos de la cuillère, dénonce des sorties « tapageuses et inappropriées » visant à semer des troubles au sein du parti.

C'est dire si le fossé est grand entre la direction du parti et sa base. Tout se passe, en effet, comme si le PDCI-RDA s'est laissé prendre à son propre piège, si bien qu'il se retrouve finalement groggy de ses propres turpitudes. Car, voilà un parti que l'on sait historique parce que vieux de 70 ans, qui n'a pas su voir venir les choses en investissant comme candidat, un binational, donnant ainsi du grain à moudre au pouvoir qui n'en demandait pas plus. Et plutôt que de rester dans la posture du « Tidjane Thiam ou rien », le PDCI-RDA aurait pu, dans la foulée, se trouver un autre candidat pendant qu'il était encore temps.

Mais rien n'a été fait dans ce sens et ce, jusqu'à moins d'une semaine de la date de clôture des dossiers de candidatures. Maintenant que le temps presse, que faut-il faire ? La question reste posée, car, une chose est certaine : le parti ne peut plus, au stade actuel, trouver un remplaçant à Tidjane Thiam, qui pourrait réunir les parrainages nécessaires pour faire acte de candidature dans les délais requis.

Autant dire que c'est quasi impossible dans la mesure où cela ne peut se faire qu'à travers la tenue d'une Convention extraordinaire du parti. Le seul plan B possible et crédible est Jean-Louis Billon qui, depuis le début, n'avait jamais fait mystère de ses ambitions présidentielles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'en est donné les moyens nécessaires.

Feu Henri Konan Bédié risque de se retourner dans sa tombe en voyant ses héritiers s'entredéchirer

Si bien qu'à ce jour, il est parvenu à réunir les parrainages nécessaires pour se lancer dans la course à la présidentielle. Le parti finira-t-il par adouber cet homme d'affaires devenu homme politique présenté comme l'un des plus riches de la Côte d'Ivoire ?

On attend de voir. Dans la mesure où, on le sait, ce dernier n'est pas en odeur de sainteté avec la Direction générale du PDCI-RDA. C'est dire si le PDCI-RDA, à l'allure où vont les choses, pourrait être victime de la guerre des ego de ses cadres, chacun préférant être tête de rat que queue d'éléphant. Toute chose qui représente une menace sérieuse pour le parti qui, si rien n'est fait, court le risque d'une implosion.

On n'en est pas encore là, et on peut même travailler à éviter cela, si les uns et les autres acceptent de faire montre de réalisme en ne privilégiant que l'intérêt supérieur du parti. A défaut, feu Henri Konan Bédié risque de se retourner dans sa tombe en voyant ses héritiers s'entredéchirer et incapables de parler d'une même voix. Surtout que de son vivant, il a toujours su maintenir la cohésion du parti en marquant tout le monde au pas.

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