Tunisie: Reconstitution financière

19 Août 2025

Lorsque le Fonds monétaire international (FMI) a décidé, intentionnellement, un blocage financier sur la Tunisie, qui a refusé, catégoriquement, de se soumettre à ses exigences, de monnayer sa souveraineté économique et toute ingérence dans sa politique nationale, tous les analystes, ou presque, ont craint le pire.

Car, pour eux, ce refus risque d'être « suicidaire économiquement », surtout pour un pays qui vient d'entamer ses programmes de sauvetage et de redressement, et qui se retrouve, par conséquent, dans une situation d'assèchement financier.

Tous les scénarios ont été alors retenus, notamment celui de l'effondrement économique imminent et de l'hémorragie financière généralisée.

Mais, voilà que plus de trois ans après, et grâce à une nouvelle discipline budgétaire transparente et rigoureuse, la situation n'a aucunement sombré. Notre économie et nos finances continuent, progressivement, à reprendre des couleurs, avec en plus des perspectives positives. Les rapports des institutions nationales, régionales et internationales confortent cette tendance.

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Mais ce qui est réellement significatif, c'est que ce bon comportement concerne, entre autres, certains fondamentaux qui ont constitué les principaux points de divergence avec le FMI.

C'est le cas de la masse salariale, l'un des principaux soucis, qui se situerait, cette année, comme le prévoit d'ailleurs le plan de consolidation budgétaire, à un seuil encourageant de 13,3%, contre 16,1% en 2020 et 13,6% en 2024. Une moyenne bien inférieure à celle de 14,5% exigée par l'institution de Bretton Woods.

De son côté, le déficit budgétaire a été nettement amélioré avec un niveau de 5,3% du PIB attendu pour 2025 contre 6,3% une année auparavant. Le mérite de ces performances revient, certainement, à la valorisation de nos propres ressources, la rationalisation des dépenses, l'amélioration de la qualité de la gestion des subventions publiques et la reconstitution progressive de la santé financière des principales entreprises publiques, qui ont toujours représenté des charges très lourdes pour nos finances.

Sans parler, bien entendu, des campagnes de lutte contre la corruption et les malversations qui ont permis d'apporter plus de visibilité et de fiabilité aux programmes mis en place.

Ce qui donne plus de sens à notre politique budgétaire, c'est qu'elle a été accomplie, comme on l'a déjà souligné, non seulement sans compromettre certains fondamentaux, sociaux notamment, mais en réussissant plutôt à élargir de nouveaux espaces budgétaires pour continuer à financer, ainsi, nos priorités socio-économiques.

La reprise des recrutements dans la fonction publique, avec 13.500 postes en 2024 et environ 21.000 prévus pour 2025, et la valorisation du salaire minimum garanti ou encore des pensions de retraite en attestent largement.

Tout cela pour dire que le rejet catégorique des diktats du Fmi s'avère de plus en plus légitime et l'option pour l'auto-reconstitution financière est, jusque-là, payante.

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