Madagascar: Trafic d'espèces protégés - Les tortues saisies en hausse

Les tortues endémiques de Madagascar demeurent la cible de trafics persistants. Pour sensibiliser le public et rappeler l'urgence de leur protection, un festival se tiendra prochainement dans le Sud du pays.

Le phénomène reste préoccupant. Le nombre de tortues saisies au premier semestre 2025 a nettement augmenté par rapport à la même période en 2024. Mille quatre cent quatre-vingt-huit spécimens ont été interceptés dans huit affaires entre janvier et juin, contre sept cent cinquante-sept répartis sur onze dossiers l'an dernier, selon les données publiées par Turtle Survival Alliance (TSA).

Le ministère de l'Environnement et du Développement durable avance des chiffres légèrement différents, évoquant neuf cent dix tortues saisies dans huit affaires. Les deux sources convergent toutefois : la tendance est à la hausse.

La TSA relève que les réseaux sociaux jouent un rôle dans l'expansion des trafics, en facilitant la mise en relation entre braconniers et acheteurs. « Ces données révèlent clairement une intensification du trafic de tortues à Madagascar », estime une source ministérielle.

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Le second semestre pourrait se révéler plus préoccupant encore. Les trafics sont généralement plus actifs durant la saison des pluies, en octobre et novembre, période où les tortues quittent leur abri pour chercher nourriture et eau, devenant plus vulnérables à la capture.

« Il reste difficile de prévoir l'évolution de la situation, d'autant que plusieurs réseaux ont été récemment démantelés et de nombreux trafiquants arrêtés. Nous ignorons si ces mesures auront un effet dissuasif », observe Andry Fandresena, responsable de communication de la TSA.

Détention interdite

La forte demande, à la fois pour la viande et pour les animaux de compagnie, alimente ce braconnage. L'attrait perdure à Madagascar, mais aussi à l'étranger, notamment en Asie. Certaines familles malgaches détiennent elles-mêmes illégalement des tortues, contribuant à l'érosion de l'espèce.

« Les tortues gardées comme animaux de compagnie ne se reproduisent pas, ce qui accélère leur disparition », rappelle Andry Fandresena.

La loi interdit strictement la détention d'une tortue hors de son habitat naturel. Pourtant, l'ampleur réelle du phénomène demeure difficile à mesurer : la population de tortues en milieu naturel n'est pas connue, faute de recensement. Classées en danger critique d'extinction depuis plusieurs années, ces espèces continuent de subir une pression constante.

Engagée depuis plus de quinze ans, la TSA Madagascar multiplie les actions de conservation, qu'il s'agisse de la protection des habitats, de la sensibilisation ou du suivi des trafics. La 9e édition du Festival Rebeke, prévue du 28 au 30 août à Tsihombe, s'inscrit dans cette démarche. L'événement veut rappeler que la survie des tortues malgaches, emblématiques de la biodiversité de l'île, dépend désormais d'une mobilisation collective.

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