Ile Maurice: Jayen Chellum - «Le Price Stabilisation Fund doit être géré avec plus de rigueur et de transparence...»

interview

L'association des consommateurs de l'île Maurice (ACIM), par la voix de son secrétaire général, Jayen Chellum, a réagi à l'annonce du DPM, Paul Bérenger, concernant la réduction des prix de cinq produits de base à travers le Price Stabilisation Fund 2025. S'il reconnaît une avancée positive, le militant des consommateurs estime néanmoins que la démarche reste incomplète, car elle laisse de côté des priorités essentielles comme le pain. Pour Jayen Chellum, la décision du gouvernement de subventionner cinq produits de base. va dans le bon sens, notamment pour trois d'entre eux, qu'il qualifie de «très importants».

Quelle est votre première réaction face à l'annonce du DPM Paul Bérenger ?

C'est une bonne chose, définitivement. Mais cette baisse ne touche pas l'ensemble des produits essentiels, seulement trois sur une vingtaine. Je parle du lait, consommé par presque tout le monde, du fromage présent dans les petits déjeuners des Mauriciens et de l'huile. On se souvient encore de l'impact de la hausse de l'huile sur le prix des gâteaux ou dholl puri. Ces baisses vont donc soulager de nombreux foyers. Les autres produits, comme ceux destinés aux bébés, concernent une partie plus restreinte de la population, mais cela reste un allègement bienvenu pour les familles. On sait que les couches coûtent cher et cette baisse apportera un vrai soulagement. L'ACIM avait transmis ses propositions au ministre du Commerce. Il est encourageant de constater la baisse de Rs 50 sur le lait et de Rs 10 sur l'huile, mais il faut veiller à ce que ces réductions soient répercutées sur les produits dérivés, pas seulement sur les dal pouri ou dipin frir, mais aussi dans les restaurants et fast-foods.

Pourquoi estimez-vous la mesure insuffisante ?

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Le DPM indique que le gouvernement consacre Rs 450 millions aux subsides sur la farine afin que le prix du pain n'augmente pas. Pour les cinq produits concernés, cela représente environ Rs 400 millions, soit Rs 850 millions mobilisés sur les Rs 2 milliards du fonds. Or, le gouvernement a alloué Rs 900 millions spécifiquement au Price Stabilisation Fund, mais seulement Rs 450 millions semblent réellement utilisés. Cet argent aurait pu être mieux ciblé, notamment pour le pain, qui reste l'aliment de base de la population. Aujourd'hui, la subvention sur la farine profite aussi aux hôtels, restaurants et pâtisseries qui produisent du pain de luxe, au détriment des consommateurs modestes. C'est une injustice.

Quelles propositions l'ACIM formule-t-elle pour améliorer le dispositif ?

Nous pensons qu'il faut cibler davantage. Les fonds doivent bénéficier en priorité aux produits essentiels consommés par l'ensemble de la population et non pas subventionner indirectement le secteur commercial et hôtelier. Le pain ordinaire devrait être protégé en priorité, car ce sont les familles modestes qui en souffrent le plus lors des hausses de prix. Le Price Stabilisation Fund doit donc être géré avec plus de rigueur et de transparence, afin de répondre réellement aux besoins des consommateurs.

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