« L'accès à la terre pour les femmes n'est pas un privilège, c'est un droit fondamental. Le nier, c'est fragiliser toute notre société. » C'est autour de ce leitmotiv qu'a eu lieu ce mardi 19 Aout , dans les locaux de la préfecture du Wouri, une rencontre départementale de plaidoyer en faveur des droits fonciers des femmes et des veuves, organisée par l'association Horizons Femmes, avec l'appui de l'African Women Development Fund (AWDF).
Un enjeu majeur pour l'égalité et l'autonomisation
Au Cameroun, les femmes représentent près de 87 % de la main-d'oeuvre agricole, mais leur accès à la propriété foncière demeure marginal. Selon les chiffres officiels, en 2013, seules 19 % des femmes détenaient un titre foncier, et dans certaines régions comme l'Ouest, cette proportion chute à 0,1 %. Un déséquilibre qui s'explique par le poids des traditions patriarcales, les discriminations juridiques et des pratiques coutumières restrictives.
Face à ces inégalités, le projet « Femmes et Foncier » porté par Horizons Femmes entend mobiliser les autorités administratives, traditionnelles et élues afin d'encourager une meilleure reconnaissance et protection des droits fonciers féminins.
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Des objectifs clairs et concrets
Cette rencontre visait à :
- vulgariser les dispositions juridiques existantes sur les droits fonciers ;
- inciter à des engagements concrets pour faciliter l'accès des femmes aux titres fonciers ;
- sensibiliser les décideurs sur les impacts sociaux des abus fonciers ;
- promouvoir la rétrocession des terres injustement confisquées.
Les résultats attendus incluent notamment une prise de position plus favorable des autorités locales, un accompagnement accru des femmes dans les démarches d'immatriculation, ainsi qu'une multiplication des relais communautaires capables de porter ce plaidoyer au niveau local.
Une mobilisation collective
En présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, la Directrice Exécutive de Horizons Femmes, Denise Ngatchou, a insisté sur la nécessité de déconstruire les pesanteurs culturelles qui freinent encore l'émancipation des femmes :
« Ensemble, nous devons oeuvrer à bâtir une société plus juste où chaque femme, veuve ou agricultrice, peut revendiquer son droit légitime à la terre. »
Elle a par ailleurs salué le soutien de l'AWDF, partenaire de longue date engagé dans la promotion des droits des femmes en Afrique.
À propos des organisateurs
Horizons Femmes, active depuis plus de 20 ans dans quatre régions du Cameroun, oeuvre pour l'éducation, l'autonomisation et la réduction des inégalités de genre à travers divers programmes dans la santé communautaire, la gouvernance, l'économie sociale et la protection de l'environnement.
AWDF (African Women Development Fund) est une organisation panafricaine qui appuie financièrement les initiatives des associations féminines, en vue de promouvoir l'égalité, combattre les stéréotypes et renforcer le rôle des femmes comme actrices du changement social.
Une étape pour la justice sociale
Au terme de la rencontre, un consensus s'est dégagé autour d'un impératif : renforcer la synergie entre la société civile, les partenaires au développement et l'administration publique pour faire avancer les droits fonciers des femmes. Un pas de plus vers une justice sociale et une autonomisation réelle des femmes camerounaises.