Les États-Unis ont annoncé, mercredi 20 août, de nouvelles sanctions contre des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), dont le procureur adjoint sénégalais Mame Mandiaye Niang, les accusant d' « enquêtes illégitimes » visant des ressortissants américains et israéliens, tandis que la CPI, depuis La Haye, a dénoncé une « atteinte flagrante » à son indépendance et affirmé sa détermination à poursuivre son mandat au nom des 125 États parties.
Trois autres hauts responsables de la CPI sont également concernés par ces sanctions : Kimberly Prost (Canada), Nicolas Guillou (France) et Nazhat Shameem Khan (Fidji). Washington leur reproche leur participation à des enquêtes et procédures contre des ressortissants américains et israéliens, menées sans l'accord des gouvernements concernés. Les avoirs de Mame Mandiaye Niang et des autres responsables sanctionnés situés aux États-Unis, ou sous le contrôle de ressortissants américains, sont gelés. Ces avoirs doivent être déclarés à l'Office of Foreign Assets Control (Ofac) du département du Trésor américain. Toute entité détenue à 50% ou plus par une personne sanctionnée est également bloquée.
Dans un communiqué signé par le secrétaire d'État Marco Rubio le même jour, l'administration américaine justifiait ces sanctions par « les efforts directs de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants américains ou israéliens, sans le consentement de leurs nations ». Les États-Unis accusent la Cour d'« abus de pouvoir », de « politisation » et d'« atteinte illégitime à la souveraineté nationale ». Pour sa part, la Cour pénale internationale (Cpi) souligne que ces sanctions représentent non seulement un affront aux États membres mais aussi « aux millions de victimes innocentes d'atrocités à travers le monde ». Elle réaffirme son soutien à ses juges et procureurs et promet de poursuivre son mandat « sans se laisser intimider, ni par des pressions ni par des menaces ».
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Les tensions entre Washington et la CPI ne sont pas nouvelles. Depuis sa création en 2002, la juridiction internationale a été régulièrement critiquée par les États-Unis, qui n'ont jamais ratifié le Statut de Rome. Les autorités américaines contestent systématiquement sa compétence, notamment lorsque ses enquêtes visent des ressortissants américains ou son allié Israël.