Un demi-million de personnes risquent de se retrouver sans assistance alimentaire dans les semaines qui viennent sur le territoire camerounais, faute de financement suffisant, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). L'organisme des Nations Unies appelle les bailleurs à se mobiliser, 65,5 millions de dollars sont indispensables pour continuer à fournir une aide vitale durant les six prochains mois.
Sans ce financement urgent, le PAM déclare qu'il sera contraint fin août de suspendre l'aide pour 240 000 réfugiés nigérians, centrafricains et déplacés internes camerounais, de suspendre aussi le soutien nutritionnel pour plus de 200 000 enfants, femmes enceintes et mères allaitantes et de stopper la distribution de repas scolaires pour 60 000 élèves.
« Plus d'un demi-million de personnes risquent d'avoir faim, déclare Djaounsede Madjiangar, responsable de la communication et porte-parole du bureau régional du Programme alimentaire mondial pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. Mais déjà, au moment où nous parlons, nos études ont montré qu'il y a plus de deux millions de personnes, toutes catégories confondues qui sont affectées par la faim aiguë dans le pays. Et les raisons sont connues, ce sont les conflits qui empêchent de travailler la terre, les chocs climatiques et bien entendu, l'augmentation du coût de la vie rendant les ménages presque incapables d'avoir accès à la nourriture. »
Un manque de moyens global du PAM
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L'aide a déjà dû être réduite le mois dernier pour les réfugiés nigérians du camp de Minawao dans l'Extrême-nord et pour les réfugiés centrafricains du camp de Gado dans la région de l'Est. « Il y a une maman qui nous a dit par exemple qu'elle est obligée de se priver, elle refuse de manger pour permettre à ses enfants de manger sa part. Donc la plupart des familles affectées sautent le repas et d'autres sont obligées de vendre la moindre des choses et les rares possessions qui leur restent. Jusqu'à quand ils vont tenir, on ne sait pas. »
Une baisse généralisée des moyens. En juillet 2025, c'est pour le nord-est du Nigeria que le PAM lançait l'alerte, rappelant aux bailleurs que sans financement, l'acheminement de l'aide risquait de s'effondrer.