Luanda — Les maladies transmissibles continuent de dominer le profil épidémiologique de l'Angola, malgré la hausse des maladies chroniques non transmissibles, a averti mercredi à Luanda, Eusébio Manuel, épidémiologiste et spécialiste en santé publique du Département d'hygiène et de surveillance épidémiologique.
Ces déclarations ont été faites lors d'une formation sur le rôle et la responsabilité des communicateurs dans la gestion des crises de santé publique en Angola, organisée par le ministère de la Santé, l'OMS et l'UNICEF.
Selon le spécialiste, la situation sanitaire en Angola est marquée par un triple fardeau de maladies : outre les maladies transmissibles, des affections chroniques comme l'hypertension artérielle et le diabète, ainsi que la malnutrition chronique, qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans.
Il a souligné que le pays est toujours confronté à des flambées de maladies émergentes, comme la COVID-19, et de maladies réémergentes (maladies maîtrisées mais en réapparition), notamment la fièvre jaune, la variole, Ebola, la polio et le choléra.
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Selon Eusébio Manuel, la croissance démographique, avec 64 % de la population âgée de moins de 24 ans, exige une plus grande attention dans la conception de politiques publiques répondant aux défis actuels, notamment le renforcement de la couverture vaccinale afin de prévenir les épidémies de maladies évitables, comme la rougeole, qui continue de connaître des cycles épidémiques réguliers.
Parmi les principaux défis, l'expert mentionne l'amélioration du système de santé en Angola, évoquant les inégalités d'accès aux services entre les zones urbaines et rurales, le manque de ressources humaines qualifiées, de ressources financières et d'infrastructures, ainsi que les impacts du changement climatique, qui se traduisent par des sécheresses périodiques et aggravent la vulnérabilité sanitaire.
Concernant les questions structurelles, l'expert a souligné la nécessité d'accroître le financement du secteur de la santé afin d'atteindre l'objectif de la Déclaration d'Abuja (2001), qui recommande aux États membres de l'Union africaine d'allouer au moins 15 % du budget général de l'État à ce secteur.
Il a plaidé en faveur d'une révision des critères de répartition des ressources, de la formation des gestionnaires municipaux, de l'adaptation de la formation des professionnels de santé aux besoins de la population et du renforcement de la surveillance épidémiologique pour une réponse plus rapide aux épidémies et aux situations d'urgence.
Concernant les principales endémies, Eusébio Manuel a mis en avant le paludisme, la tuberculose, le VIH/sida et la trypanosomiase humaine africaine, qui demeurent les principales endémies du pays, compte tenu de leur impact social.
La réponse nationale à ces maladies, a-t-il déclaré, est conforme aux Objectifs de développement durable (ODD), qui visent à les contrôler et, à terme, à les éliminer d'ici 2030 grâce à des approches intersectorielles, un diagnostic précoce, un traitement rapide et des soins humains.
Dans ce contexte, Eusébio Manuel a souligné l'importance d'investir dans la recherche et le développement de nouveaux vaccins, médicaments et technologies, ainsi que dans le renforcement des systèmes de santé pour améliorer la réponse aux situations d'urgence.
Il a également plaidé en faveur d'approches intégrées tenant compte des facteurs sociaux, environnementaux et économiques, ainsi que de la coopération internationale pour garantir une plus grande efficacité dans la prévention et le contrôle des maladies infectieuses.